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Donald Trump a annoncé mercredi ses prix "Fake News" très controversés et dénoncés par avance par deux sénateurs de son propre camp effarés par ce spectacle et par les "assauts" présidentiels répétés contre la presse. 

"Et les gagnants des FAKE NEWS sont...". Dans son style volontiers provocateur, le président américain a publié dans un tweet un lien vers un site qui, ironie du sort, est resté inaccessible pendant plusieurs minutes.

M. Trump, dont les attaques contre les journalistes "malhonnêtes" sont quasi-quotidiennes, reproche en particulier à ces derniers d'accorder trop d'attention à l'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur une éventuelle collusion de son équipe avec la Russie pendant la campagne. "2017 a été une année de partialité acharnée, de couverture médiatique malhonnête et même de fausses informations éhontées", pouvait-on lire en introduction de cette "liste" désignant les médias "les plus corrompus et les plus biaisés".

Sans surprise, cette dernière inclut CNN, le New York Times ou encore le Washington Post, cibles habituelles du milliardaire.

"Des études ont montré que plus de 90% de la couverture médiatique du président Trump est négative", ajoutait le texte, sans autres précisions ni sources.

En pole position, non pas un journaliste mais Paul Krugman, prix Nobel d'économie 2008 et éditorialiste pour le New York Times. Ce dernier "avait affirmé le jour de la victoire écrasante historique du président Trump que l'économie ne s'en remettrait jamais", souligne le site.

"A part certaines couvertures médiatiques très corrompues et malhonnêtes, il existe beaucoup d'excellents journalistes que je respecte et beaucoup de BONNE NOUVELLE dont les Américains peuvent être fiers!", a ajouté un peu plus tard le président américain.

Quelques heures plus tôt, deux élus républicains, Jeff Flake et John McCain, avaient donné de la voix pour dénoncer sans détours la dangereuse dérive que représente à leurs yeux les attaques quasi-quotidiennes du locataire de la Maison Blanche contre les journalistes. "'L'ennemi du peuple', c'est comme cela que le président des Etats-Unis a qualifié la presse en 2017", a regretté Jeff Blake face au Congrès, rappelant que ces mots "tristement célèbres" avaient été prononcés par l'ancien dirigeant russe Joseph Staline "pour décrire ses ennemis". John McCain avait quant à lui, dans une tribune, appelé M. Trump à arrêter "d'attaquer la presse".