Monde Au moins 130 personnes ont péri dans le naufrage mardi soir d’une embarcation baptisée «Dieu Merci» qui transportait entre 300 et 400 passagers

KINSHASA Le drame s'est déroulé sur le lac Maindombe, à 400 km au nord-est de Kinshasa, a indiqué jeudi soir la Monuc. Selon la Monuc (Mission de l’Onu en République démocratique du Congo), 23 rescapés ont été retrouvés, et les recherches d’éventuels autres survivants se poursuivent. Parti d’Inongo, le «Dieu merci» était composé de deux baleinières propulsées par un moteur hors-bord et «transportait 305 passagers», avait déclaré plus tôt dans la journée l’armateur, Ntomba Nzondo, joint depuis Kinshasa.

Le naufrage s’est produit à la suite de vents violents et d’une véritable tempête qui a provoqué d’importantes vagues sur le lac, faisant chavirer l’embarcation à 50 km au sud d’Inongo, selon M. Nzondo. Au moment où il a été joint, M. Nzondo faisait état de 120 corps repêchés et immédiatement enterrés.

Le gouverneur de la province du Bandundu (nord-ouest de Kinshasa), Oscar Bala, a quant à lui estimé à 400 le nombre de personnes à bord, tout en soulignant la difficulté d’évaluer le nombre de passagers sur ce type de navire souvent surchargé. M. Bala, joint au téléphone alors qu’il se trouvait à Bandundu, chef-lieu de la province, avait donné jeudi matin un bilan de 103 corps repêchés: ceux de 12 enfants, de 63 hommes et de 28 femmes.

La baleinière est une embarcation longue et légère, affectée dans cette région au transport des passagers, mais l’embarcation transportait également une cargaison d’environ 20 tonnes de marchandises composées essentiellement de cossettes de manioc et de poissons séchés, selon l’armateur. Une délégation du gouvernement d’union nationale de RDC, conduite par le vice-président Azarias Ruberwa, a quitté Kinshasa jeudi après-midi pour Inongo.

La délégation comprend les ministres de l’Intérieur Théophile Mbemba, de la Santé Yagi Sitolo, de la Solidarité et des Affaires humanitaires Catherine Nzuzi wa Mbombo, et de la Condition Féminine et de la Famille, Faïda Mwangila, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les naufrages sont fréquents en Afrique, où les embarcations sont souvent vétustes et surchargées et où les services de secours sont dépourvus des moyens nécessaires pour intervenir rapidement et efficacement sur les lieux de tels accidents.

En mars dernier, la République démocratique du Congo avait déjà été endeuillée par un naufrage qui avait fait plus de 100 morts sur le lac Tanganyika, entre son territoire et le Burundi.

Jeudi, la RDC a également connu un grave accident ferroviaire avec le déraillement d’un train de marchandise qui a plongé dans le fleuve Congo après avoir heurté des blocs de pierre à hauteur de Matadi, dans la province du Bas-Congo (ouest), faisant au moins trois morts et 11 disparus, selon un communiqué de l’Office national des transports (Onatra).