DSK, invité embarrassant de la campagne présidentielle

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Monde

Le Parti socialiste pensait bien avoir tourné la page de l'ex-directeur du Fonds monétaire international

PARIS Près d'un an après sa mise hors-jeu, Dominique Strauss-Kahn s'est invité avec fracas dans la campagne présidentielle avec des propos qui lui sont prêtés dans le Guardian et en embarrassant des proches de François Hollande invités comme lui à l'anniversaire de Julien Dray.

Au moment où François Hollande reste le favori de l'élection à J-7, le Parti socialiste pensait bien avoir tourné la page de l'ex-directeur du Fonds monétaire international, mis en examen pour proxénétisme aggravé dans l'affaire dite du Carlton de Lille.

Las, l'ancien favori des socialistes pour la présidentielle est revenu ces deux derniers jours sur le devant de la scène médiatique, à la veille du dernier grand meeting parisien du candidat socialiste à l'Elysée.

Samedi soir, il a ainsi été la vedette malgré lui de la soirée d'anniversaire du député PS de Julien Dray, organisée dans le bar "Oz", situé rue Saint-Denis à Paris.

M. Dray n'avait en effet pas prévenu de la présence de DSK ses convives, dont certains cadres de l'équipe de M. Hollande, comme Pierre Moscovici, directeur de la campagne, et Manuel Valls, directeur de la communication, ainsi que l'ancienne candidate, Ségolène Royal.

Quand elle a appris la venue de M. Strauss-Kahn, Mme Royal, venue avec une de ses filles, a quitté les lieux. "Nous sommes tout de suite reparties et nous ne l'avons pas croisé", a assuré à l'AFP Mme Royal, expliquant plus tard sur BFM TV être partie au nom du "droit des femmes".

Plusieurs autres sources, dont une de l'entourage de M. Strauss-Kahn, ont en revanche affirmé à l'AFP que MM. Valls et Moscovici étaient restés et avaient longuement parlé avec lui et Anne Sinclair.

Les députés PS parisiens Jean-Marie Le Guen et Jean-Christophe Cambadélis, deux autres proches de DSK, étaient également présents.

Contacté par l'AFP, M. Dray n'a pas souhaité faire de commentaire.
Cette rencontre a été révélée samedi soir par le journaliste du Point, Saïd Mahrane, qui a posté sur twitter deux photos, l'une de DSK et l'autre de Manuel Valls. Ces photos ne les montrent pas ensemble.

Le candidat socialiste, qui a assuré ne pas avoir été invité à l'anniversaire de M. Dray, a réagi sur Canal+ en soulignant que M. Strauss-Kahn n'était "plus dans la vie politique". Il "est sorti de la campagne, il n'y aucune raison qu'il y revienne et il n'y a aucune raison qu'on en fasse des polémiques", a renchéri M. Valls sur BFM TV.

La porte-parole de M. Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet, a pour sa part ironisé sur le lieu où était célébré l'anniversaire, rue Saint-Denis : "Cela ne s'invente pas".

M. Strauss-Kahn avait déjà refait parler de lui après la publication vendredi dans le quotidien britannique The Guardian de ce qui était présenté comme une interview par le journaliste américain Edward Epstein, dont le livre ("Trois jours en mai") sur l'affaire du Sofitel de New York paraît lundi sur internet.
Dans ce texte, DSK accuse ses adversaires politiques de s'être servis de l'affaire du Sofitel pour faire échouer sa candidature. Des déclarations qui ont suscité notamment une réplique acerbe de Nicolas Sarkozy.

L'entourage de M. Strauss-Kahn a en retour démenti dimanche que DSK ait accordé cet entretien, qui ne serait qu'"un montage fait à partir d'un livre à paraître".

Mais le quotidien a maintenu dimanche dans un communiqué "son article du 27 avril", en soulignant que "les commentaires (de Dominique Strauss-Khan) ont été faits au journaliste d'investigation Edward Jay Epstein lors d'une interview de deux heures à Paris le 13 avril". L'entourage de DSK a maintenu que celui-ci n'avait pas donné "d'interview", en reconnaissant toutefois une "conversation" le 13 avril à Paris avec M. Epstein pour "la préparation d'un livre".

© La Dernière Heure 2012

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