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Le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, a annoncé mercredi devant la presse l'instauration d'un "état d'urgence pour 12 mois" à Gênes, où un viaduc s'est effondré mardi provoquant la mort d'au moins 39 personnes.

Cette annonce a été faite après une réunion extraordinaire à Gênes du conseil des ministres, qui a aussi décidé de débloquer 5 millions d'euros en aide d'urgence et de déclarer une journée de deuil national à une date non encore déterminée.

La société gérant l'autoroute visée

Le gouvernement italien a annoncé mercredi qu'il envisageait de révoquer la concession de la société gérant l'autoroute où se trouve le viaduc qui s'est effondré à Gênes.

Les autorités souhaitent en outre la démission des dirigeants de cette société, Autostrade per l'Italia, et vont réclamer une amende pouvant atteindre 150 millions d'euros, a annoncé sur Facebook le ministre des Infrastructures et des Transports Danilo Toninelli.

Pour Luigi Di Maio, vice-Premier ministre et chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S, populiste), le pont "ne s'est pas écroulé par fatalité mais parce que la maintenance n'a pas été faite". "Les responsables ont un nom et un prénom, et ce sont Autostrade per l'Italia", a-t-il martelé à la radio.

Mais la société italienne, gestionnaire du pont autoroutier, se défend et affirme, dans un communiqué, que le pont Morandi faisait l’objet de contrôles trimestriels, ainsi que l’exige la loi. Des vérifications supplémentaires au moyen d’équipements sophistiques ont été menés et des experts extérieurs consultés, ajoute l’entreprise.

"Pendant des années, on a dit que faire gérer les autoroutes par des privés était mieux que par l'Etat. Maintenant on a l'un des plus grands concessionnaires européens qui nous dit que ce pont était en sécurité et que rien ne laissait imaginer l'effondrement", a lancé M. Di Maio. "Autostrade devait faire la maintenance et ils ne l'ont pas faite. Ils encaissent les péages les plus chers d'Europe et paient les impôts les plus bas, au Luxembourg en plus. Il faut retirer les concessions et faire payer des amendes. Si un privé n'est pas en mesure de gérer les autoroutes, l'Etat le fera", a-t-il prévenu.

"La révocation des concessions est un minimum", a pour sa part lancé sur une autre radio Matteo Salvini, patron de la Ligue (extrême droite). "En tant que vice-Premier ministre, je vais écrire à tous les autres concessionnaires pour demander quelle part de leur budget ils réinvestissent dans la sécurité".

Mardi soir, le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, a annoncé un plan extraordinaire de contrôle des infrastructures. "Il s'agit d'installer de banals capteurs sensoriels sur toutes les infrastructures du pays pour une surveillance constante. Parfois cela se fait avec des satellites, parfois avec des capteurs", a expliqué M. Di Maio.