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Donald Trump a quitté samedi le sommet du G7 sur une note d'apaisement, en vantant en particulier des débats "extrêmement productifs" sur le commerce, l'un des principaux points de friction.

Avant de quitter la petite ville de La Malbaie (Québec, est du Canada) pour s'envoler vers Singapour, où il rencontre mardi le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un pour un sommet historique, le président américain s'est employé à calmer les tensions créées en particulier par sa politique protectionniste.

La Corée du Nord travaille "très bien" avec les Etats-Unis

Donald Trump a estimé vendredi que son sommet de mardi avec Kim Jong Un était une "occasion unique" d'arriver à un accord sur le nucléaire avec la Corée du Nord, qui selon lui "travaille très bien" avec les Etats-Unis.

"C'est une occasion unique", qui "ne se représentera jamais", a dit le président américain lors d'une conférence de presse peu avant de quitter le sommet du G7 au Canada. Donald Trump a assuré que la Corée du Nord "travaille très bien avec nous" et s'est dit "vraiment confiant" avant cette rencontre, dont il saura peut-être "dès la première minute" si elle peut déboucher sur un accord.

Il se félicite de débats "extrêmement productifs" sur le commerce au G7

"Nous avons eu des débats extrêmement productifs sur la nécessité d'avoir des échanges commerciaux justes", a-t-il dit, en invitant ses partenaires du G7 à réfléchir à la création d'une zone de libre-échange, lui qui vient d'imposer des taxes sur l'acier et l'aluminium importés. Le président américain a également attribué une note de 10 sur 10 à la qualité de ses relations avec les autres dirigeants, citant particulièrement Justin Trudeau, Emmanuel Macron et Angela Merkel.

"Supprimer les tarifs douaniers, supprimer les barrières non-tarifaires, supprimer les subventions" voilà qui serait la décision "ultime", a déclaré Donald Trump lors d'une conférence de presse. "Je ne sais pas si ça marchera, mais je l'ai proposé".

Le G7 s'engage à "contrôler les ambitions nucléaires de l'Iran

Sur l'Iran, autre grande ligne de fracture depuis que les Etats-Unis ont claqué la porte de l'accord nucléaire iranien, le président américain a indiqué que "les Etats du G7 (restaient) décidés à contrôler les ambitions nucléaires" de Téhéran.

Reste à savoir désormais si ce ton conciliant, de la part d'un président américain qui n'a consacré que vingt-quatre heures à ses alliés (Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Royaume-Uni), se traduira dans un éventuel communiqué commun, sur lequel les délégations ont planché toute la nuit.

La France a fait savoir samedi que ces discussions, aussi subtiles pour le grand public qu'elles sont sensibles pour les diplomates, étaient "en bonne voie". Il y a une "forte probabilité" que les sept signent un communiqué commun, selon Paris, un texte qui mentionnerait toutefois l'exception américaine sur le climat.

Sur le commerce, les négociations portent sur une formule qui appellerait à la modernisation de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), régulièrement objet des foudres de Donald Trump.

Selon la délégation française, le texte pourrait reconnaître qu'un "cadre international basé sur des règles communes bénéficie à tous, plutôt qu'une démarche bilatérale qui ne crée pas ces situations gagnant-gagnant".

Il se redit favorable au retour de la Russie dans un "G8"

Sur un tout autre sujet, le milliardaire de 71 ans a persisté et signé sur une proposition provocante faite à son arrivée au Canada vendredi: élargir à nouveau le G7 à la Russie, qui en avait été exclue en 2014 après l'annexion de la Crimée.

"Réintégrer la Russie serait une chose positive", a-t-il affirmé

Les Européens ont d'ores et déjà rejeté cette idée, et la Russie elle-même a décliné l'invitation du président américain. Selon son chef de la diplomatie Sergueï Lavrov, dont les propos ont été diffusés à la télévision russe, Moscou n'a "jamais demandé à revenir" dans le G8, et considère de toute façon que le G20, forum élargi aux pays émergents, est "le format le plus prometteur".

Dans l'immédiat, la Russie est plutôt occupée à accorder ses violons avec la Chine et l'Iran: les chefs d'Etat des trois pays se rencontrent à l'occasion de la réunion annuelle de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), dans la grande ville côtière chinoise de Qingdao.

Quel que soit le document dont accouchera ce G7, le sommet a illustré une nouvelle fois la volonté de Donald Trump de dicter son ordre du jour, quitte à dynamiter les usages et le rythme d'un ordre mondial multilatéral - représenté à La Malbaie par le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres et par la patronne du FMI Christine Lagarde.

Le président américain est arrivé le dernier et reparti le premier du cossu hôtel surplombant le Saint-Laurent, où les chefs d'Etat et de gouvernement se sont réunis pendant deux jours.

Il est par exemple arrivé en retard samedi pour un petit-déjeuner de travail consacré à l'égalité entre les sexes. Et a tout simplement séché une session consacrée au climat.

Donald Trump n'a jamais caché qu'il donnait la priorité à sa rencontre de mardi avec M. Kim plutôt qu'à cette réunion de famille entre vieux alliés. "C'est une occasion unique" qui "ne se représentera jamais", a assuré samedi le président américain, se disant "vraiment confiant" avant cette rencontre.

© AP