Monde Le polémiste français, en pleine actualité catalane, condamne à nouveau notre pays.

Mercredi soir, sur Paris Première, chaîne privée payante du groupe M6, l’émission Zemmour et Naulleau (Z&N pour les intimes) faisait sa rentrée, pour une septième année consécutive. L’émission qui "donne du temps au débat" accueille toujours les deux Z’Eric, médiatiquement nés chez Ruquier dans On n’est pas couché, pour décortiquer l’actualité politique internationale et hexagonale. Avant de recevoir Laurent Wauquiez, très probable nouvel homme fort des Républicains et d’une droite française erratique, les deux polémistes étaient invités à commenter l’actualité catalane et, au sens plus large, "les fractures européennes", comme le dira Eric Zemmour, éternel constatateur du grand déclin français, nostalgique du XVIIe, de l’État-nation fort et eurosceptique affirmé.

Dans son commentaire, il y est allé d’une énième déclaration choc, à l’égard de notre Royaume, qu’il insère dans son diagnostic du mal européen, malade de la mondialisation, dont les velléités indépendantistes de certaines régions sont les conséquences. "Historiquement, nous passons notre temps depuis 20 ans à détruire les constitutions européennes précédentes. Je vais très vite : en 1989, le mur de Berlin s’effondre, les deux Europe se réconcilient, on a cassé l’Europe de 1945. À partir des années 1990, la Yougoslavie se fracture, la Tchécoslovaquie se sépare, on a cassé l’Europe mise en place en 1918. Aujourd’hui, nous sommes depuis la fin du siècle précédent en train de détruire l’Europe des États Nations, celle des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècle". Puis le polémiste de poursuivre son argumentaire, qui le conduit dans notre Royaume. "… C’est-à-dire la Belgique, qui est une création complètement artificielle, qui va finir par se séparer, entre Flamands et Wallons; l’Italie du nord qui n’en peut plus de traîner l’Italie du sud comme un boulet, la Catalogne aujourd’hui, et cetera. Il faut bien comprendre que c’est lié à la mondialisation : avant, les régions acceptaient une certaine solidarité, puisqu’il y avait un marché national qui leur permettait d’écouler leurs produits. Mais à partir du moment où l’on a un marché européen, voire mondial, on n’a plus besoin de traîner les ploucs, cela dit entre guillemets, derrière soi."

Si l’on peut prendre en défaut le logiciel de pensée d’Eric Zemmour sur bien des points, on ne peut en tout cas pas le taxer de manque de constance et de cohérence. Depuis la crise belge de 2010, le succès électoral historique de la N-VA et les 541 jours sans gouvernement (record qui tient toujours), il n’a en en effet eu de cesse d’affirmer ses certitudes sur l "inéluctable" séparation qui attend la Belgique…

Le journaliste français n’en est pas à sa première sortie sur la Belgique… Flash-back.

"La RDA de la France !"

1. En 2010, dans On n’est pas Couché : "Ce pays est une invention de l’Angleterre pour emmerder la France après les guerres de Napoléon. Cela a duré un siècle et demi, mais cela finira par se briser, c’est inéluctable."

2. Le 22 avril 2010 dans La DH, à l’occasion d’une interview pour la sortie de son livre Mélancolie française : "La Belgique, c’est une création, c’est la RDA de la France ! La Belgique est là pour que la France se rappelle qu’elle a perdu après une nouvelle guerre de 100 ans, contre l’Angleterre. Quant à la Flandre, c’est un sous-produit de la Belgique. Si la France n’avait pas perdu, tout ce beau monde aurait été francisé. La Belgique est un entre-lac de contradictions."

3. 27 janvier 2011, sur RTL France. Le film Rien à déclarer vient de sortir, la Belgique "célèbre" 7 mois sans gouvernement : "La Belgique est à un carrefour dont toutes les voies sont des impasses. La Flandre ne veut plus payer pour les Wallons, qu’elle traite de parasites entretenus dans une logique d’assistanat. Alors que la richesse, notamment issue de la sidérurgie, a fui la Wallonie, les Flamands, culs terreux pauvres d’hier, sont devenus les riches d’aujourd’hui. "

4. Novembre 2015, sur RTL France : le polémiste propose que la France " bombarde Molenbeek" , d’où sont issus des djihadistes ayant sévi lors des attentats de Paris, plutôt que Daech en Syrie.