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Située à 280 km au sud de la capitale, l'agglomération côtière est affectée par des pluies de cendres dues à l'éruption

BRUXELLES L'éruption vendredi du volcan Tungurahua, au centre de l'Equateur, a obligé les autorités à évacuer plusieurs agglomérations et à fermer l'aéroport de la deuxième ville du pays, Guayaquil (sud-ouest).
Mais le volcan semblait avoir atteint son pic de violence éruptive et son activité semblait décroître en soirée, selon les experts.

Haut de 5.029 mètres, le Tungurahua, situé à 135 km au sud de la capitale, Quito, est entré en activité vendredi à 08H47 (13H47 GMT) après une "grande explosion" due à une accumulation de gaz, et ses projections de lave et de cendres "dépassent facilement les 10-12.000 mètres d'altitude", a déclaré le vulcanologue Hugo Yepez, directeur de l'Institut de Géophysique (IG) de Quito.
L'aéroport et les écoles de Guayaquil, ville portuaire de 2,5 millions d'habitants, ont été fermés, a annoncé vendredi soir un responsable de la sécurité civile régionale, Yuri De Janon.

Située à 280 km au sud de la capitale, l'agglomération côtière est affectée par des pluies de cendres dues à l'éruption, qui se déroule 160 km plus à l'ouest, a-t-il ajouté.
Au moins sept villages situés non loin du volcan, soit environ 500 familles, avaient dû être évacués dans la journée, selon la défense civile.
Aucune victime n'avait été signalée vendredi soir.
"Nous pouvons annoncé la bonne nouvelle que l'activité du volcan commence à baisser", a déclaré en soirée le directeur de l'IG, après avoir qualifié la situation de "grave et complexe" le matin.

"Les projections qui ont eu lieu dans la matinée au moment le plus violent ont très peu de chances de se répéter", a-t-il assuré.
Selon lui, l'éruption de vendredi "se situe entre la seconde et la troisième plus forte de tout le processus éruptif" du volcan depuis son réveil en 1999.
Les 12.000 mètres d'altitude atteints par les projections volcaniques correspondent au plafond habituel des routes aériennes internationales.
Dans la journée, certains vols avaient déjà dû être détournés, selon le directeur de l'aéroport de Guayaquil, Nicolas Romero.

Les premières informations diffusées faisaient état de possibles "coulées pyroclastiques", mélanges de gaz, de cendres et pierres à 800 degrés montant jusqu'à 2.000 mètres d'altitude, puis retombant en avalanche, sous forme de coulées dévastatrices à grande vitesse.
Le volcan avait atteint son plus fort pic d'activité en août 2006. Son éruption avait entraîné la mort de sept personnes et détruit des centaines d'habitations.

La localité touristique de Banos, située au pied du Tungurahua, comptant quelque 15.000 habitants, avait du être évacuée de force en 1999, lors de son éveil.
En Amérique centrale, le volcan Pacaya du Guatemala, haut de 2.552 mètres, a intensifié depuis mercredi son activité avec des projections de lave, de fumées et de cendres. Vendredi, les cendres s'élèvaient jusqu'à 1.000 mètres et le bilan était de deux morts et trois disparus.

© La Dernière Heure 2010