Monde

Un acteur espagnol poursuivi pour blasphème, dans une des affaires ayant suscité un débat sur la liberté d'expression dans le pays, a été interpellé mercredi pour être présenté à un juge, a-t-on appris auprès de la police espagnole. 

Willy Toledo, qui a refusé à deux reprises ces derniers mois de se présenter devant la justice car il estime n'avoir commis aucun délit, "a été interpellé à 15 heures", et sera présenté au juge jeudi, a indiqué une porte-parole de la police.

L'acteur est poursuivi pour avoir publié en juillet 2017 un message sur Facebook, en défense de trois femmes elles-mêmes poursuivies pour blasphème après avoir porté en procession à Séville un vagin géant qu'elles avaient baptisé le "con insoumis".

"Je chie sur Dieu et j'ai de la merde à revendre pour chier sur le dogme de +la sainteté et la virginité de la Vierge Marie+", avait écrit le comédien, volontiers provocateur sur les réseaux sociaux.

L'Association espagnole des avocats chrétiens avait porté plainte contre le comédien, l'accusant d'"avoir moqué Dieu et la Vierge Marie".

"Comme je pense mener à terme mon acte de désobéissance quelles qu'en soient les conséquences (...), je ne vais pas me rendre", avait écrit lundi Toledo sur sa page Facebook où il a annoncé mercredi son interpellation.

L'acteur risque seulement une amende pour ces propos.

De nombreux acteurs ont défendu Toledo comme Javier Bardem qui avait jugé en mai que les poursuites judiciaires contre des personnes exprimant des opinions renvoyaient l'Espagne à "l'époque du franquisme".

Willy Toledo est un des nombreux internautes ou artistes espagnols poursuivis pour leurs déclarations ou les textes de leurs chansons, ce qui a généré un vif débat sur la liberté d'expression dans le pays.

L'organisation Amnesty International a notamment accusé la loi espagnole d'être utilisée pour "réprimer les expressions politiques, surtout sur les réseaux sociaux.

Le rappeur Valtonyc s'est lui enfui en Belgique, dont la justice doit décider le 17 septembre si elle l'extrade vers l'Espagne, pour éviter une peine de 3 ans et demi de prison pour "apologie du terrorisme" dans ses textes.