Monde Après 7 mois d’enquête : pas d’aide dans la cavale de Salah Abddeslam ni de soutien logistique aux attentats de Paris.

Selon nos informations, Lazez Abraimi, qui fut chronologiquement le troisième suspect arrêté à Bruxelles le 19 novembre après les attentats de Paris, a été libéré, sous conditions, par la juge d’instruction. Suspecté d’avoir véhiculé Salah Abdeslam à travers à Bruxelles le samedi 14 novembre ou après, le Jettois de 39 ans reste inculpé d’association terroriste et de 132 assassinats terroristes.

Parfois surnommé "le brocanteur" par des médias, Lazez Abraimi niait fermement avoir aidé Salah Abdeslam dans sa cavale.

L’information de sa remise en liberté a pu nous être confirmée par son avocat qui n’est autre que Sven Mary. D’autant plus qu’elle a été prise par ordonnance de main levée du juge d’instruction en charge, cette libération ne peut qu’être interprétée qu’après sept mois d’enquête, pas l’ombre d’un élément n’établit que Lazez Abraimi a apporté de l’aide ou un soutien logistique à Salah Abdeslam, a participé aux préparatifs des attentats de Paris ou à l’exfiltration d’un ou plusieurs de leurs auteurs.

Les attentats datent du vendredi 13 novembre, l’arrestation d’Abraimi (après celles de Hamza Attou et Mohammed Amri), du jeudi suivant.

Lazez Abraimi avait été arrêté sur dénonciation anonyme. Dans sa Citroën Berlingo furent trouvées deux armes au fond d’un sac et du sang dont on avait pensé qu’il pouvait être celui de Salah Abdeslam : les analyses ADN ont prouvé que non.

S’agissant des armes, l’une d’elles était complètement démontée et hors d’usage, tandis que l’autre ne pouvait être utilisée qu’avec des cartouches à blanc, bien loin donc de kalachnikov pouvant servir à un attentat terroriste.

Son avocat, qui avait pourtant raison, s’était attiré les railleries quand il avait expliqué que son client étant brocanteur, "faisait des marchés et des brocantes et les revendait pour arrondir ses fins de mois".

Les explications du pénaliste ont été vérifiées ; elles étaient correctes.

Lazez Abraimi, qui reste inculpé - c’est en effet la procédure en Belgique mais sa libération est l’indice que les charges ne tenaient très vraisemblablement pas la route - est relâché sous les conditions classiques de chercher du travail, de ne pas quitter le territoire et de n’avoir aucun contact avec aucun inculpé dans les dossiers de terrorisme.

Par ailleurs, on apprend ce jeudi que Salah Abdeslam a été contrôlé par les gendarmes français durant une demi-heure au lendemain des attaques sur son chemin de retour vers la Belgique, rapporte jeudi Le Soir sur base d'informations de deux députés, belge et français, membres des commissions d'enquête sur les attentats de Bruxelles et de Paris. 

Salah Abdeslam, et ses comparses molenbeekois qui le véhiculaient ont été retenus trente minutes par les gendarmes à Cambrai. Ces derniers, dans le doute, ont utilisé toutes les procédures à leur encontre, selon les rapports de minutage des événements, alors qu'une vérification d'identité dure 5 ou 10 minutes. Les gendarmes français n'ont pas reçu d'indications relatives au fichage de Salah Abdeslam pour radicalisme en Belgique.

La commission d'enquête française ne retiendra dès lors pas de faute pas à l'encontre des gendarmes dans son rapport final qui sera présenté le 5 juillet.