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Le plus célèbre opposant de Poutine se retire de l'échiquier présidentiel

MOSCOU Il était peut-être le seul à y croire. Et encore. Les chances de Gary Kasparov de devenir le prochain président russe étaient, au mieux, minces. Elles étaient en fait assez proches du zéro absolu. Mais l'annonce de sa candidature à l'élection présidentielle n'en avait pas moins permis à l'opposition russe de se donner un visage médiatiquement connu à l'étranger et de plus facilement faire passer ses critiques à l'égard d'un régime qui n'aime toujours pas qu'on lui résiste. Un Kasparov emprisonné pour avoir manifesté suscite en effet l'intérêt en Occident.

Même si les chances de l'ancien champion du monde d'échecs étaient faibles, le pouvoir russe ne lui a pas pour autant fait de cadeaux. Pour qu'une candidature à la présidence russe soit recevable, elle doit être soutenue par un vote des militants de ce parti. Pour que vote il y ait, il faut donc que les militants se retrouvent dans une salle. Reste à trouver une salle. Et cela a finalement été le plus difficile : Kasparov avait bien trouvé une salle disponible, dont l'accès lui a été finalement interdit. Et plus aucune salle n'est disponible d'ici au 18 décembre, date limite pour la réunion de ses partisans...

La tâche s'annonçait herculéenne pour l'ancien champion d'échecs : autant ses critiques sont répercutées dans les médias étrangers, autant la presse russe ignore cet opposant virulent à Vladimir Poutine et à son régime. Pas facile de décoller dans les sondages dans ces conditions, ou de recueillir les deux millions de signatures requises pour se présenter à l'élection présidentielle, un défi considéré comme insurmontable pour son mouvement, sans grande assise régionale et sans accès aux télévisions publiques russes.

Le voilà, en tout cas, mis échec et mat par Vladimir Poutine.



© La Dernière Heure 2007