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La mère de Fiona et son ex-compagnon ont été condamnés en appel à 20 ans de réclusion criminelle pour la mort en 2013 de la fillette de 5 ans, dont la disparition avait bouleversé la France.

En première instance en 2016, la justice française avait dissocié les peines, acquittant Cécile Bourgeon pour les faits criminels - les coups fatals à Fiona - et l'avait condamnée à cinq ans de prison pour avoir fait croire à un enlèvement de l'enfant. Berkane Makhlouf avait, lui, écopé de 20 ans de réclusion pour l'ensemble des faits. Les jurés - exclusivement féminins - de la cour d'assises de Haute-Loire (centre), qui jugeaient le couple en appel, sont restés deça des réquisitions de 30 ans de prison réclamées par l'accusation samedi. 

L'avocat général avait estimé que l'ancien couple "tortionnaire" avait agi de concert dans la mort de la fillette, victime d'une "violence continue" pendant "les jours et les heures précédant sa mort". Après deux semaines d'audience, la tâche s'annonçait ardue pour les jurés qui devaient se contenter d'hypothèses en l'absence du corps, que les accusés, murés dans leurs dénégations, disent avoir enterré dans un bois près de Clermont-Ferrand (centre) mais qui n'a jamais été retrouvé. Les débats n'ont pas permis de démêler le vrai du faux dans les dires de Cécile Bourgeon, 30 ans, et de Berkane Makhlouf, 36 ans, ni de déterminer la responsabilité de chacun dans la mort de l'enfant. 

Au début de l'affaire, tous deux avaient fait croire pendant des mois à un enlèvement. "Les mensonges, les contradictions, les silences, les incohérences, la variabilité n'ont pas permis d'appréhender le contexte exact du décès. Pour autant, le positionnement (des accusés) ne suffit pas à créer un doute raisonnable (...) Si ce n'est menti, ils n'ont pas tout dit", a déclaré le président de la cour en lisant les motivations de l'arrêt rendu dans la nuit de samedi à dimanche. L'un des avocats de la mère a annoncé qu'il allait former "un pourvoi en cassation dès lundi". "Il y aura donc un troisième procès", a-t-il assuré. Ou plutôt un quatrième: le premier procès en appel avait avorté en octobre à la suite d'une querelle entre avocats. Cécile Bourgeon "a la peine qu'elle mérite. C'est un soulagement pour moi et c'est juste pour Fiona", a réagi le père de la fillette, Nicolas Chafoulais, à l'annonce du verdict. "Apaisé ? Non. Ma fille n'est pas revenue", a-t-il poursuivi, gagné par l'émotion.