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Le nombre de décès provoqués par la fusillade de dimanche soir à Las Vegas a été revu à la hausse, à au moins 59, selon le shérif de la ville Joseph Lombardo, qui précise qu'on dénombre également 527 blessés. Le coroner du comté de Clark, John Fudenberg, a de son côté refusé de confirmer que tous les décès sont dus aux tirs effectués depuis les fenêtres d'une chambre d'hôtel par un sexagénaire, Stephen Paddock. 

Des victimes pourraient donc être décédées dans des bousculades consécutives aux coups de feu, parmi la foule de spectateurs qui était rassemblée pour un festival de musique country sur le Strip de Las Vegas.

Par ailleurs, la police a découvert lundi des armes à feu, des explosifs et des milliers de munitions au domicile du tireur, à Mesquite, a indiqué en conférence de presse le sherif Joe Lombardo. Cette petite ville du comté de Clark est située à la frontière entre les Etats du Nevada et de l'Arizona. Les enquêteurs y ont retrouvé, dans la maison du tireur, "plus de 18 armes à feu supplémentaires, des explosifs et plusieurs milliers de munitions, ainsi que des appareils électroniques que nous étudions en ce moment", a précisé Joe Lombardo. 

La chambre depuis laquelle Stephen Paddock a tiré sur la foule, au 32e étage de l'hôtel Mandalay Bay, ainsi que le site du concert et une autre habitation, dans le nord du Nevada, sont également examinés par les enquêteurs. Comptable à la retraite et habitué des casinos, rien dans le parcours de Stephen Paddock, 64 ans, ne permet a priori d'expliquer la fusillade dont il est l'auteur. Il menait une existence sans histoire à Mesquite, dans un quartier récent et "très calme" prisé des retraités. Son frère Eric Paddock le décrit comme un homme aisé, qui aimait les croisières, jouer au poker sur internet et se rendre dans les casinos de Las Vegas. 

Seul accroc dans sa biographie, son père, Patrick Paddock, était un braqueur de banques recherché par le FBI dans les années 1960, mais il n'entretenait que des liens ténus avec ses enfants, a assuré Eric Paddock. Si le groupe terroriste Etat islamique affirme que cet Américain retraité était l'un des ses "soldats" et s'était converti à l'islam, cette revendication laisse les autorités américaines sceptiques. Le FBI a ainsi déclaré n'avoir établi "aucun lien à ce stade avec un groupe terroriste international". 

La CIA a également mis en garde dans un communiqué contre "des conclusions hâtives" et renvoyé à l'enquête en cours. Seule certitude, Stephen Paddock avait visiblement minutieusement préparé cette attaque avec l'intention de faire le plus de victimes possibles. Il avait loué deux chambres contiguës au 32e étage de l'hôtel Mandalay Bay, se donnant la possibilité de deux angles de tir différents, et dix fusils ont été retrouvés dans sa chambre d'hôtel. Les mobiles du tireur, un "loup solitaire" selon le shérif Lombardo, sont inconnus à ce stade. Au lendemain de la fusillade, la Maison Blanche a en tout cas estimé qu'il serait "prématuré" de rouvrir le débat sur l'encadrement des ventes d'armes à feu. "Aujourd'hui est une journée pour consoler les survivants et pleurer ceux que nous avons perdus", a déclaré Sarah Huckabee Sanders, porte-parole de Donald Trump. "Il y a une enquête en cours. Les motivations du tireur restent à déterminer. Il serait prématuré de parler de politique quand nous ne connaissons pas tous les faits", a-t-elle ajouté.

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"Au-delà de l'horreur"

Dans un message sur Instagram, le chanteur Jason Aldean a indiqué que son groupe et lui étaient sains et saufs. "La soirée a été au-delà de l'horreur", a-t-il écrit.

"Ça a commencé comme un bruit de verre brisé. On a regardé autour de nous pour savoir ce qui se passait. Quelques minutes plus tard, on a entendu pop-pop-pop-pop. On a pensé que c'était des feux d'artifice ou des pétards. Et on a réalisé que ce n'était pas le cas, que c'étaient des coups de feu", a raconté une spectatrice, Monique Dekerf à la chaîne CNN.

Le son des rafales ressemble à celui émis par les armes automatiques, où un tireur peut garder son doigt appuyé sur la détente pour continuer à tirer de façon continue. Ces armes sont interdites depuis les années 1930 aux Etats-Unis, mais les versions semi-automatiques, où il faut relâcher la gâchette entre chaque balle, sont autorisées à la vente.

Le Nevada a l'une législations les plus permissives aux Etats-Unis pour la vente d'armes.

Plusieurs lieux de concerts ou de divertissements ont été la cible de fusillades dans les années récentes.

Il y a eu la fusillade du club Pulse à Orlando, en juin 2016 (49 morts).

A Paris, en novembre 2015, un concert des Eagles of death metal avait été visé par un attentat dans la salle du Bataclan (90 morts).

Plus récemment, le 22 mai 2017, 23 personnes avaient été tuées lors d'un spectacle de la chanteuse américaine Ariana Grande dans la ville britannique de Manchester.

Plusieurs dirigeants étrangers ont réagi à la tragédie, notamment la Première ministre britannique Theresa May et le président français Emmanuel Macron. "Pensée émue pour nos partenaires et amis américains qui ont eu à subir la violence contemporaine à #LasVegas il y a quelques heures", a-t-il écrit sur Twitter.