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Le shérif du comté de Broward Scott Israel a fourni mercredi soir lors d'une conférence de presse un premier bilan officiel de la fusillade qui a eu lieu dans l'après-midi au lycée Marjory Stoneman Douglas de Parkland, en Floride. Les tirs au sein de l'école secondaire, qui compte plusieurs milliers d'élèves, ont fait au moins 17 morts, a-t-il annoncé.

12 personnes sont mortes dans le bâtiment-même, et trois autres étaient à l'extérieur quand elles sont décédées. Deux autres victimes sont mortes à l'hôpital. 

Selon les explications des autorités, l'auteur des tirs est un ancien élève de l'établissement, un jeune homme de 19 ans nommé Nikolas Cruz. Il avait été renvoyé de l'établissement pour des raisons disciplinaires. Peu avant la fin des cours, mercredi, il a fait irruption dans l'école armé d'un fusil d'assaut semi-automatique AR-15, une arme qu'il n'est pas difficile de se procurer dans la plus grande part du territoire américain. Il avait auparavant posté sur les réseaux sociaux des messages "très alarmants", a indiqué le shérif Scott Israel, insistant sur la nécessité de signaler ce type de publications. 

"Nous n'avons reçu aucun avertissement, aucune indication", a précisé Robert Runcie, le proviseur de l'établissement. "A notre connaissance, aucune menace n'avait été proférée". Des témoins, dont plusieurs arboraient des cœurs et autres décorations de la Saint-Valentin --qu'enseignants et élèves célèbrent traditionnellement ensemble dans les écoles américaines--, ont rapporté s'être cachés jusque dans les placards lorsque les coups de feu ont retenti peu avant la fin des cours, à 14H30. "C'était la fin de la journée scolaire et l'alarme incendie s'est déclenchée. Nous avons commencé à évacuer. On pensait que c'était un exercice et après avoir fait 15, 20 pas hors de la classe on était à terre, et on se cachait dans le placard", a raconté une enseignante, Melissa Falkowski, sur CNN. 

Une élève, Peri Harris, a elle raconté à la chaîne CBS Miami que "toute sa classe" avait trouvé refuge dans "un tout petit placard". "Ce qui s'est passé, c'est que l'alarme à incendie a sonné et nous avons tous pensé que c'était un exercice parce qu'on avait déjà eu une fausse alerte incendie alors on ne l'a pas pris au sérieux, et tout à coup on a entendu des coups de feu de l'autre côté de l'école", a confié un autre élève sur la chaîne locale WSVN 7 News. Les images des télévisions locales ont montré plusieurs dizaines de personnes sortant de l'école souvent les mains en l'air ou croisées derrière la tête. Des ambulances, des camions de pompiers ainsi qu'une longue cohorte de voitures de police et plusieurs véhicules blindés d'un groupe d'intervention étaient stationnés près du lycée. Des victimes ont été évacués par hélicoptère. Les fusillades sont particulièrement récurrentes dans les écoles américaines: il y en a déjà eu 18 en 2018 en comptant celle du lycée Marjory Stoneman Douglas.

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Trump informé

Le président Donald Trump "a été informé de la fusillade dans une école en Floride", a indiqué la Maison Blanche. "Nous surveillons la situation", a-t-elle précisé.

"Aucun enfant, enseignant ou quiconque, ne devrait jamais se sentir en danger dans une école américaine", a tweeté le président

"Nous suivons l'évolution de cette terrible situation dans le comté de Broward en Floride avec des signalements d'une fusillade dans un lycée", a tweeté le sénateur de Floride Marco Rubio.

Les fusillades ensanglantent régulièrement les écoles américaines.

Depuis le massacre de Sandy Hook, une école primaire du Connecticut où furent abattus il y a cinq ans 20 enfants âgés de 6 et 7 ans, les procédures d'alerte et les exercices d'entraînement se sont multipliés dans les établissements scolaires américains.

L'objectif de ces formations est d'apprendre aux écoliers comment réagir face à un individu tirant à l'aveugle dans le but de faire un maximum de victimes.

"Depuis janvier 2013, il y a eu au moins 283 fusillades à travers tout le pays, ce qui revient à une fusillade en milieu scolaire par semaine", indiquait fin janvier Everytown for Gun Safety, une organisation qui lutte contre la prolifération des armes aux Etats-Unis.

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