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Nouveaux remous politiques en Italie

ROME De nouveaux remous ont agité samedi la majorité de droite en Italie, quand Gianfranco Fini, important allié du chef du gouvernement Silvio Berlusconi a qualifié les racistes de “cons”, s’attirant la réplique du parti anti-immigrés de la Ligue du nord, autre allié du Cavaliere.

“Il vous est déjà arrivé de rencontrer un con qui dit un mot de trop ?” a lancé à un public médusé d’enfants et adolescents M. Fini, président de la Chambre des députés, en visitant un centre pour l’intégration des immigrés dans la banlieue est de Rome. “Le président de la Chambre parle comme vous, même s’il a dit un gros mot l’important c’est de n’insulter personne. Mais si quelqu’un vous dit que vous êtes différents pour la couleur de votre peau ou parce que vous venez d’un autre pays alors il mérite qu’on lui dise un gros mot” , a-t-il expliqué à l’assistance, composée surtout de jeunes sri-lankais et chinois de 8 à 18 ans.

Dans son intervention, M. Fini, en veste, cravate et jeans, a également critiqué les médias italiens pour les perpétuelles “références ethniques” dans la chronique des faits divers, qui risquent, a-t-il noté, de faire naître dans la tête des gens “l’équation : étranger = délinquant”.

Se sentant apparemment visés, plusieurs hauts responsables de la Ligue du nord, formation accusée d’encourager un sentiment anti-immigré dans la péninsule, ont répliqué vivement aux propos de M. Fini. “Ce qui est une connerie c’est de leur faire croire qu’en Italie il y a du travail pour tout le monde, alors qu’on en manque en premier lieu pour nos concitoyens”, a lancé le ministre Roberto Calderoli.

Un autre membre de la Ligue, Mario Borghezio, s’est étonné que “le troisième responsable de l’Etat invite de jeunes étrangers à manquer de respect à des Italiens qui, au fond, se limitent à exiger d’être leurs propres maîtres chez eux”. M. Fini co-auteur il y a quelques années avec le chef de la Ligue Umberto Bossi d’une loi restrictive sur l’immigration, a proposé ces dernières semaines d’accorder le droit de vote aux élections locales aux immigrés légalement installés en Italie depuis cinq ans et de faciliter la naturalisation de leurs enfants nés dans la péninsule.



© La Dernière Heure 2009