Monde Quand la déforestation vire au cauchemar

MANILLE Le bilan des glissements de terrain qui ont frappé le centre et le sud des Philippines après des pluies diluviennes s'est alourdi dimanche pour atteindre 200 morts ou disparus, selon des responsables de la défense civile.

Ces sources ont précisé que la mort de 77 personnes était déjà confirmée et que 123 autres étaient portées disparues sur l'île de Leyte, dans le centre de l'archipel, et à Mindanao, plus au sud. Selon les mêmes sources, 61 corps ont été retirés des décombres de leurs maisons ou des torrents de boue qui ont accompagné les glissements de terrain après les pluies diluviennes à Liloan, San Francisco et Maasin, dans la province de Leyte. Pas moins de 114 personnes sont portées disparues dans cette région où les secours s'efforçent de rétablir l'électricité.

Les autres victimes ont été retrouvées dans les provinces de Agusan et Surigao sur l'île de Mindanao. Un précédent bilan samedi faisait état d'une quarantaine de personnes tuées et de 83 autres portées disparues. Les opérations sont compliquées par les pluies, l'isolement de certaines des régions touchées, le manque de matériel et les dégâts des inondations alors que la plupart des victimes vivaient dans des zones montagneuses, selon les autorités locales. La présidente Gloria Arroyo a ordonné aux agences gouvernementales de fournir toute l'aide nécessaire et autorisé les autorités locales à déclarer l'état de catastrophe naturelle pour avoir accès plus rapidement aux fonds d'aide aux sinistrés. Le secrétaire à la défense Eduardo Ermita a précisé que 700 soldats avaient été envoyés à Leyte où ils tentaient de rejoindre les zones sinistrées.

Mais les pluies intermittentes et des vents violents empêchaient les hélicoptères de décoller, forçant l'armée à prendre des camions ou à marcher. "Le nombre des victimes va surement augmenter car nous n'avons pas encore retrouvé les gens portés disparus", a dit le responsable de la défense. "A cause des tremblements de terre, des localités sont isolées et des routes sont couvertes de boue. Il est difficile de gagner ces zones et on attend des informations de notre responsable sur place. Les soldats sont parfois obligés de gagner certaines zones à pied", a-t-il ajouté.

Les garde-cotes et la marine ont également été mobilisés pour gagner le sud de Leyte par la mer mais là encore les opérations sont rendues risquées par le mauvais temps. "A cause des vagues, les secours pourraient se trouver en danger", a expliqué M. Ermita. "Le temps reste très mauvais et nous tentons de tout coordonner", a-t-il ajouté. Les secouristes veulent également apporter des médicaments dans les régions touchées par la catastrophe, de crainte que les cadavres propagent des maladies. Selon la défense civile, près de 8.000 personnes ont été secourues et hébergées dans des centres d'accueil, des écoles reconverties, sur Leyte et Mindanao.

Les secours "aident en priorité les communautés à s'occuper de leurs morts et prévenir les maladies", a dit la présidente Arroyo. "En cette période de souffrance et de tragédie, unissons nous et n'épargnons aucun effort ni dépense pour sauver des vies et des biens chez nos concitoyens frappés par la catastrophe", a-t-elle ajouté.