Hollande refuse de "promettre pour se compromettre"

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Monde

François Hollande et Nicolas Sarkozy étaient tous les deux en meeting ce dimanche après-midi

PARIS "Oui, je veux reconquérir les hommes et les femmes en colère. Mais promettre pour se compromettre, mille fois non!", a lancé dimanche François Hollande, critiquant la stratégie de son adversaire Nicolas Sarkozy à l'égard de l'électorat Front national.

"Dans cette campagne, j'ai voulu m'adresser à ce qu'il y avait de meilleur en chacun d'entre nous", a déclaré le candidat socialiste lors de son dernier grand meeting parisien avant le second tour de la présidentielle.

"Je n'ai pas misé sur je ne sais quel ressentiment, rancune, je ne sais quelle obsession", a affirmé M. Hollande dans son discours au Palais omnisports de Paris-Bercy. "J'ai refusé de flatter les sentiments médiocres, de pratiquer les surenchères sur chaque thème, d'aller voir chaque catégorie pour lui parler le langage qu'elle est supposée attendre".

La France ne s'est pas bâtie "sur la peur de l'autre, sur le repli, sur la frilosité, sur la nostalgie", a considéré le député de Corrèze.
François Hollande a dénoncé "ceux qui jouent avec le feu", "ceux qui font peur avec une religion qu'ils regardent avec méfiance".

"La victoire, je la veux", a déclaré le candidat socialiste. "Mais je ne la veux pas à n'importe quel prix, pas celui de la caricature, du reniement, du mensonge", a-t-il poursuivi, souhaitant "une belle victoire".

François Hollande est arrivé en tête au premier tour dimanche dernier (avec 28,63% des voix), devant le président sortant Nicolas Sarkozy (27,18. La candidate du Front national Marine Le Pen s'est placée troisième en recueillant 17,90% des suffrages.

Hollande espère "changer l'orientation de l'Europe"

François Hollande a espéré dimanche, s'il était élu le 6 mai, pouvoir "changer l'orientation de l'Europe", estimant que la position des dirigeants de l'UE commençait à "bouger" sur la question de la croissance.

"Partout, on nous espère, on nous attend. Vous, Français, citoyens de France, vous allez à la fois porter un message pour vous-mêmes (...) et en même temps dire à l'Europe qu'elle doit être à nouveau orientée vers la croissance, le progrès, l'avenir", a-t-il lancé à ses partisans, réunis au Palais omnisports de Paris-Bercy.

Le candidat socialiste à l'élection présidentielle souhaite compléter, s'il est élu, le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), signé par 25 pays de l'Union européenne, par un volet sur la croissance.

"Depuis des mois, les peuples européens regardent vers la France. Je sens les positions, y compris des chefs de gouvernement conservateurs, évoluer en fonction des pronostics. Tant mieux! Eh bien qu'ils nous attendent! Nous arrivons, nous venons, nous serons là au rendez-vous", a promis M. Hollande.
Espérant pouvoir "changer l'orientation de l'Europe", il a assuré que "les choses commencent à bouger".

"Je vois que les chefs de gouvernement qui s'inquiètent de cette austérité, qui les empêche de réduire leur dette et de maîtriser leurs finances, commencent à regarder vers nos propositions. J'ai même compris que le président du Conseil européen, M. (Herman) Von Rompuy -un homme estimable- avait déjà anticipé la réunion du Conseil européen: c'était prévu au mois de juin, ça viendrait plus tôt. Je vais vous dire: on nous attend, on nous attend!", s'est-il enthousiasmé.

"Le mot 'croissance', qui avait disparu des communiqués officiels, maintenant est assumé. On nous dit même qu'il y aurait déjà des textes qui circuleraient entre les différentes chancelleries et les gouvernements pour prendre un certain nombre d'initiatives en matière de croissance", s'est félicité le candidat du PS.

A la fin de son discours, François Hollande s'est saisi d'un drapeau tricolore dans la main droite et d'un drapeau européen dans la main gauche pour saluer longuement la foule.

"Je vous attendais depuis si longtemps !"

François Hollande a lancé dimanche à la foule réunie qu'il l'attendait "depuis longtemps", ajoutant que maintenant "le changement est là", "il arrive".

Après avoir traversé, en serrant des multitude de mains, le promenoir de cette vaste salle parisienne où s'étaient réunies quelque 20.000 personnes en liesse - 22.000 selon les organisateurs - le candidat PS à l'Elysée a lancé : "vous êtes là ! Ca tombe bien, je vous attendais, je vous attendais depuis si longtemps ! Depuis des années !" "Des années qu'on luttait, qu'on combattait, qu'on espérait et voilà : le changement est là, il arrive".

Sarkozy dénonce Hollande qui va "défiler derrière les drapeaux rouges de la CGT" le 1er mai

Nicolas Sarkozy a dénoncé son rival François Hollande qui, a-t-il affirmé, "défilera derrière les drapeaux rouges de la CGT" le 1er mai pendant que lui fêtera "tous ceux qui travaillent", lors d'une réunion publique à Toulouse.

"Le 1er mai, il y aura une différence entre François Hollande et moi: François Hollande défilera derrière les drapeaux rouges de la CGT. François Hollande défilera à ce moment-là avec ceux qui divisent la France, et moi je parlerai à vous, devant une marée de drapeaux tricolores", a lancé M. Sarkozy devant plusieurs milliers de partisans.

"Le 1er mai n'appartient à personne. Le 1er mai, c'est la fête de tous ceux qui travaillent et qui ont travaillé toute leur vie. Je vous attends, peuple de France, le 1er mai sur l'esplanade des droits de l'Homme et sur la place du Trocadero", a poursuivi le président sortant et candidat de l'UMP.

François Hollande a fait savoir qu'il serait le 1er mai à Nevers pour saluer la mémoire de l'ancien Premier ministre Pierre Bérégovoy, qui s'est suicidé dans cette ville le même jour en 1993.

© La Dernière Heure 2012

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