Monde

N'hésitant pas à se référer au célèbre "I want my money back" de Margaret Thatcher, Jean-Luc Mélenchon, chantre de la gauche radicale française, antilibéral et critique vis-à-vis de l'Union européenne, a dénoncé vendredi le niveau de la contribution de la France à l'UE.

Dans "La revue de la semaine", diffusée sur sa chaîne Youtube, le leader de La France insoumise (LFI) a renouvelé vendredi des critiques déjà formulées à l'Assemblée nationale sur l'augmentation de la somme allouée par la France à l'Union européenne.

Selon le projet de loi de Finances pour 2018, actuellement en discussion au Parlement, la France participera à hauteur de 20,2 milliards d'euros l'année prochaine contre 19 milliards en 2017.

Sur cette somme, explique M. Mélenchon, la France "récupère" 14 milliards, essentiellement au travers de la Politique agricole commune, qui finance selon lui une "agriculture productiviste et chimique".

Le reste est, reconnaît l'ancien eurodéputé, redistribué pour des investissements, notamment des infrastructures, au sein des 28 pays européens.

Mais, observe M. Mélenchon, la France est dans le même temps toujours "en procédure de déficit excessif", sous la menace de sanction financière depuis 2009 parce que son déficit public (Etat, collectivités, Protection sociale) est supérieur à l'équivalent de 3% de son produit intérieur brut.

"La France est le dernier pays qui est dans la liste des pays qui sont montrés du doigt et en cours de procédure pour déficit excessif (...) et on fait un cadeau de 6 milliards d'euros: ça s'appelle une dépense somptuaire", a estimé le député à l'Assemblée nationale.

Mercredi, il avait déjà jugé "insensée" l'augmentation de la contribution française alors que Paris continue à faire des économies structurelles pour résorber son déficit, même si c'est désormais sous l'oeil moins sévère de Bruxelles.

"Supposez que ces 6 milliards ne soient pas donnés, on dirait +on est trop pauvres+", explique le député, en citant la célèbre phrase de l'ancienne Première ministre britannique Margaret Thatcher: "I want my money back", qu'il traduit par "rendez-moi mon fric".

"Dès qu'on sera à nouveau très riches, on vous donnera des sous. Ce ne serait pas choquant non ?", poursuit-il.

Au delà, a-t-il développé, cette somme rendue au budget de l'Etat permettrait précisément à la France de passer en dessous des fameux 3% de déficit public.

Après l'épisode retentissant du drapeau européen, que les députés Insoumis souhaitaient remplacer à l'Assemblée nationale par celui de l'ONU, M. Mélenchon a malgré tout assuré qu'il ne tenait pas "un discours anti-européen".

M. Mélenchon est, selon les sondages, le premier opposant du président français Emmanuel Macron dont il dénonce à l'envi la politique libérale et favorisant les plus riches, selon lui.