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Ce qui s'apparente au départ à une belle histoire va en fait se transformer en véritable arnaque.

Il y a un an, une jeune femme du nom de Kate McClure tombe en panne d'essence sur une route de Philadelphie. A cet endroit avait élu domicile un SDF, Johnny Bobbitt, qui n'hésite pas à lui venir en aide en dépensant ses 20 derniers dollars pour acheter un bidon d'essence.

Pour le remercier, la jeune femme décide tout d'abord de lui rembourser le bidon d'essence, et de lui apporter de quoi lui tenir chaud. Mais elle a une autre idée en tête: lancer une levée de fonds pour permettre à Johnny Bobbitt de sortir définitivement de la misère. L'opération est un énorme succès : 14.000 personnes participent au financement et la barre colossale des 400.000 dollars est franchie, dépassant largement l'objectif initial de 10.000 dollars.

Problème : le SDF explique qu'il n'a eu uniquement accès qu'à une part infime de la somme récoltée. Si Johnny Bobbitt a effectivement reçu un camping-car, une télévision, un ordinateur, un téléphone, de la nourriture et une voiture d'occasion (qui est rapidement hors d'usage), le reste de l'argent récolté ne lui a pas été destiné.

Alors que le couple lui avait promis d'ouvrir un compte en banque à son nom, le Washington Post révèle qu'aucun compte à son nom n'a été établi. Mark D'Amico, le compagnon de Kate McClure s'est défendu, en expliquant qu'il avait bien gardé les 200.000 dollars restant, et qu'il allait les déposer en banque si Johnny Bobbitt soignait sa toxicomanie et se trouvait un travail.

Une nouvelle voiture, des vacances en Floride et en Californie

Johnny Bobbitt pense, quant à lui, que le reste de l'argent a été dépensé. Le Philiadelphia Inquirer révèle que le couple exerce des métiers relativement "modestes", mais ils se sont pourtant offerts une nouvelle BMW, ainsi que des vacances en Floride, à Las Vegas ou encore en Californie.

"Lui donner autant d'argent, c'est lui tendre un pistolet chargé", se défend Mike D'Amico, qui a accompagné Johnny Bobbitt à plusieurs reprises à des sessions de désintoxications.

Pour l'instant, le couple n'a pas souhaité donner suites aux sollicitations du Washington Post, pour s'expliquer.