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La polémique enflait vendredi en Grèce sur les fautes ayant conduit à la mort de 82 personnes dans l'incendie qui a ravagé lundi la région d'Athènes, l'opposition accusant le gouvernement de vouloir se dédouaner en invoquant une possible origine criminelle du sinistre. 

Parallèlement, la difficile identification des victimes au moyen d'analyses d'ADN se poursuivait, la première étape, celle de l'autopsie des corps, devant être conclue dans la journée, selon les services légistes. "De 75 à 80% des corps sont carbonisés" a précisé sur la radio 9,84 Grigoris Léon, président de la société grecque de médecine légale. L'identification prendra elle encore quelques jours. M. Léon n'a pas exclu que certains, "étrangers ou personnes seules", ne puissent pas être identifiés faute de signalement par leurs proches.

Le gouvernement grec a annoncé jeudi soir avoir saisi la justice d'un "élément sérieux" pouvant indiquer que l'incendie qui a ravagé la côte orientale de l'Attique était d'origine criminelle.


Dans une conférence de presse au côté notamment du chef des pompiers, le porte-parole du gouvernement, Dimitris Tzanakopoulos, a de nouveau imputé l'ampleur du bilan humain à la violence des vents. La progression foudroyante du feu, qui a ravagé la zone en "à peine une heure et demie" a privé les autorités de toute marge pour agir à temps et évacuer les résidents, a-t-il fait valoir.

Les officiels ont aussi souligné que les pompiers avaient dû faire face lundi à 13 départs de feu simultanés en Attique.

L'argumentation a été rejetée par l'opposition. "Ce spectacle déplorable de rejet de toute responsabilité ne peut provoquer que de la colère", a rétorqué le principal parti d'opposition, la Nouvelle-Démocratie (droite). "Pas une seule démission", s'est aussi indigné l'un des dirigeants de l'opposition centriste, Stavros Théodorakis.

Sur les plateaux de télé et les ondes des radios, les divers services impliqués se renvoyaient aussi la balle. Evangelos Bournous, le maire de Rafina, dont dépend en partie la localité de Mati, la plus frappée par les feux, a jugé que la police et les pompiers avaient contribué à piéger les habitants en fermant la route principale longeant le secteur. Des responsables policiers et des pompiers avaient auparavant affirmé ne pas avoir bloqué cette issue.

A Mati, où 49% des maisons ont été déclarées inhabitables, les rescapés continuaient vendredi de tenter de sauver ce qui pouvait encore l'être, soutenus par un vaste élan de solidarité, avec l'afflux de dons et de volontaires.