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Dimanche dernier, France 2 diffusait le témoignage d'un djihadiste français de Daesh parti combattre en Syrie et désirant désormais rentrer "chez lui".

Arrêté par les forces kurdes, "Yassine", son prénom d'emprunt, parle au journaliste à visage découvert assis sur une chaise et sous la bonne garde d'un soldat armé.

Originaire de Lunel, dans l'Hérault, l'homme de 30 ans assure être parti en Syrie avec le désir de "venir chercher" son petit frère. "La plupart des gens sont venus avec une croyance, un idéal. Je suis venu sans idéal particulier. Je ne connaissais aucune sourate, je ne connaissais rien du tout. Je suis venu chercher mon petit frère." Problème, des photos de "Yassine" et de son petit frère armés et souriants ont été découvertes, ce qui rend sa version plus que contestable.

Actuellement retenu dans une prison kurde en Syrie avec sa famille, Yassine et son geôlier français se laissent alors aller à un échange intense.

"Tu penses que ça va être aussi facile que ça, de rentrer chez toi après avoir combattu avec l'Etat islamique ? Avoir vu des gens se faire décapiter et ne pas avoir réagi ?", le questionne le volontaire engagé auprès des forces kurdes. "Il y a mon histoire aussi, vous vouliez que je réagisse comment ? Que je me fasse couper la tête avec eux ?", rétorque Yassine.

"Tu crois vraiment que les gens vont te laisser partir comme ça, sans avoir rien fait ?" poursuit le garde armé. "Moi je veux juste rentrer chez moi et oublier", martèle le prisonnier. "Tu crois que nous on va oublier ? On va oublier tous les gens qui sont morts dans cette guerre ? On va oublier tous nos camarades qui sont tombés à cause de gens comme toi ?". "Yassine" maintient alors sa version: "Je n'ai rien à voir avec eux, je n'ai pas pris les armes. Le problème c'est que l'on m'a arrêté avec le motif de combattant."

A Lunel, comme le relate Le Figaro, personne ne connaît vraiment le djihadiste dont le frère se sera finalement fait exploser à un poste frontière syrien. "Il n'était pas vraiment de la ville. Il habitait dans un petit village voisin, situé à seulement 4 ou 5 kilomètres", commente le président de l'Association Arts et Cultures d'Orient, Tahar Akemi. Pour sa part, Claude Arnaud, le maire de la ville de Lunel, assure ne pas connaître le djihadiste présumé et doute fortement de son témoignage. "Je ne suis pas prêt à croire tout ce qui se dit dans ce reportage. Pour moi, et je pense que 80% des Lunélois sont également de cet avis, je ne souhaite pas le retour ni de cet homme ni de sa femme. J'estime qu'ils doivent être jugés sur place."

Les Kurdes désirent également qu'il soit jugé chez eux, sauf si la France le réclame. Chose peu probable puisque la majorité des cas sont traités sur place, en Irak ou en Syrie, bien que les avis divergent sur la question.

Notons aussi qu'à la mort de son frère, "Yassine" est resté en Syrie de son plein gré et a même convaincu sa cousine lointaine de le rejoindre. Saïda obtempérera et le rejoindra avec sa fille. Ils se marieront et auront un petit garçon ensemble. Ils sont actuellement détenus par les forces kurdes.