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Le syndicat irlandais Impact a qualifié mardi soir de "décevante" la rencontre avec les dirigeants de la compagnie aérienne Ryanair et a réaffirmé la possibilité d'une grève pendant la période des fêtes.

"Alors que la direction de Ryanair avait déclaré qu'elle reconnaissait Impact/Ialpa en vue des négociations de ce soir, elle n'a pas été en mesure de nous donner un document pour confirmer ses dires", a annoncé Impact dans un communiqué. "C'est un résultat décevant".

Le syndicat a formulé plusieurs propositions au cours de la réunion, pour lesquelles il attend une "réponse rapide". Il exige notamment qu'un "accord de reconnaissance" des syndicats "soit conclu d'ici jeudi 21 décembre à midi".

Dans le cas contraire, il prévient que les pilotes pourraient se mettre en grève. Étant donné le délai de préavis de 7 jours en Irlande, celle-ci ne pourrait survenir avant le 28 décembre.

De son côté, la direction de la compagnie aérienne a qualifié l'entrevue de "positive et fructueuse". "Il s'agit d'une première étape dans le processus de reconnaissance des syndicats", a déclaré l'entreprise dans un communiqué.

Confrontée au plus grand mouvement social de son histoire trentenaire, la première compagnie européenne en terme de passagers transportés avait annoncé vendredi son intention de reconnaitre les syndicats.

Une proposition bien accueillie par les organisations de salariés, qui avaient suspendu leurs appels à la grève, que ce soit en Italie, au Portugal ou en Irlande.

Une telle annonce marquait en effet un tournant : le directeur général, Michael O'Leary, qui dirige depuis 1994 cette compagnie trentenaire, s'était jusqu'à présent opposé vigoureusement à toute représentation syndicale.

L'épisode a révélé un malaise d'une partie des pilotes qui ont intensifié depuis leurs revendications sur les conditions de travail et le dialogue social avec la hiérarchie, sur fond de départs de commandants et copilotes vers d'autres compagnies.

Criant au complot ourdi par la concurrence, Ryanair assurait jusqu'à ces derniers jours n'avoir aucun problème de recrutement. Elle avait simplement proposé des primes aux pilotes qui renonceraient à une partie de leurs vacances afin de limiter les annulations, sans vouloir entendre parler de syndicats.

La presse irlandaise s'interroge depuis vendredi sur ce nouveau changement de pied et se demande s'il est l'oeuvre de Michael O'Leary ou si le volubile et controversé dirigeant ne s'est pas fait forcer la main par le conseil d'administration de la compagnie.

Après avoir insisté vendredi sur les organisations de pilote, Ryanair a précisé mardi que cette reconnaissance concernait aussi les syndicats de personnels de cabine, que la direction de la compagnie propose de rencontrer en début d'année prochaine.

De nouvelles discussions doivent se tenir mercredi en Allemagne. L'organisation Cockpit avait accepté de renoncer à tout mouvement social jusqu'à la tenue de ces discussions. Un responsable de ce syndicat, Ingolf Schumacher, a vu dans la démarche de Ryanair "un développement significatif".