Monde De nouvelles élections auront vraisemblablement lieu à l’automne.

Le président italien Sergio Mattarella a chargé lundi Carlo Cottarelli, incarnation de l’austérité budgétaire, de former un gouvernement jusqu’à la tenue de nouvelles élections, qui auront lieu vraisemblablement à l’automne ou "au plus tard" début 2019. M. Cottarelli, 64 ans, ancien haut responsable du Fonds monétaire international (FMI) surnommé M. Ciseaux pour son rôle dans la réduction des dépenses publiques en 2013-2014, prend ainsi la tête du 65e gouvernement italien, après le veto spectaculaire de M. Mattarella à un exécutif populiste sans garantie de maintien dans l’euro, au nom de la défense des intérêts italiens en Europe.

Après avoir salué cette décision à l’ouverture des échanges avec un rebond de près de 2 %, la Bourse de Milan est repartie à la baisse, perdant près de 2 % vers 14 h, tandis que le spread, l’écart entre les taux d’emprunt à dix ans allemand et italien, un temps en retrait, a bondi autour de 230 points, son plus haut niveau depuis novembre 2013.

Actuel directeur de l’Observatoire des comptes publics, M. Cottarelli, 64 ans, va désormais former son équipe avant de se présenter devant le Parlement où il n’a cependant quasiment aucune chance d’obtenir la confiance. Le Mouvement Cinq Étoiles (M5S, antisystème) et la Ligue (extrême droite), majoritaires au Parlement, se sont insurgés contre sa nomination.

M. Cottarelli a déclaré qu’il prévoyait de préparer et de faire voter le budget 2019 avant des élections début 2019, mais que s’il n’obtenait pas la confiance, il se contenterait de gérer les affaires courantes jusqu’à des élections "après le mois d’août".

En tout état de cause , il aura la vie dure face à la fureur des populistes italiens, vainqueurs des législatives du 4 mars et qui dénoncent un coup de force après l’échec de leur gouvernement d’union.

"Tout ça n’est pas la démocratie, ce n’est pas le respect du vote populaire. C’est seulement le dernier soubresaut des pouvoirs forts qui veulent une Italie esclave, appauvrie et précaire", s’est insurgé Matteo Salvini, le patron de la Ligue. Et d’avertir : "Les élections seront un plébiscite, le peuple et la vraie vie contre les vieilles castes et ces messieurs du spread !"