L’armée syrienne poursuit le massacre

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Monde

Hier, les soldats du président Assad ont pris d’assaut une nouvelle ville du Sud

SYRIE Des centaines de soldats ont pris d’assaut une localité du sud de la Syrie hier, tandis que les observateurs de l’Onu se rendaient à Treimsa (centre) pour enquêter sur les circonstances de la mort de plus de 150 personnes jeudi.

Deux jours après le drame de Treimsa, que l’opposition et une partie de la communauté internationale ont qualifié de “massacre” et fermement condamné, un convoi de l’Onu est arrivé sur les lieux, a annoncé la porte-parole des observateurs, Sausan Ghosheh.

Selon un militant de Hama (centre), le groupe a rencontré des habitants sur place et “inspecté les endroits pilonnés et les lieux tâchés de sang” . Une première patrouille s’était rendue sur place vendredi pour vérifier que la localité était accessible, a précisé M me Ghosheh. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), plus de 150 personnes, dont des dizaines de rebelles, ont été tuées jeudi dans des bombardements et des combats à Treimsa.

Le régime, qui a expliqué vendredi avoir mené à Treimsa une opération réussie contre des “terroristes” , semblait samedi plus que jamais déterminé à écraser les fiefs rebelles, en particulier dans la province de Deraa (sud), berceau de la contestation lancée il y a près de 16 mois.

Dans cette région, des hélicoptères militaires ont bombardé Khirbet Ghazalé, puis des chars et des centaines de soldats ont pris la localité d’assaut avant que des milices pro-régime ne perquisitionnent et incendient les maisons abandonnées par leurs habitants, selon l’OSDH et un militant sur place. “L’armée est entrée sans résistance” , les rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL, composée essentiellement de déserteurs) ayant quitté la ville avant l’assaut, a assuré le militant qui se fait appeler Bayane Ahmad, évoquant “des dizaines de blessés” et un manque total d’aide médicale. Vendredi, les violences avaient fait au moins 118 morts, en majorité des civils. Des combats entre rebelles et soldats et miliciens fidèles à Damas ont fait au moins 10 morts et 15 blessés samedi matin du côté des insurgés près de la frontière turque.

Le blocage reste en effet total entre les pays occidentaux et la Russie, principal soutien du régime, les deux parties s’opposant sur deux projets de résolution au Conseil de sécurité, l’un menaçant Damas de sanction et l’autre non.



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