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Ayoub El Khazzani, auteur de l'attaque dans un train Thalys le 21 août 2015, a indiqué "ne pas avoir pu tuer. "Intérieurement, j'étais détruit psychiquement, mais à la dernière minute, je n'ai pas pu", a-t-il déclaré au juge d'instruction lors d'une audition en novembre dernier, que France Inter a pu consulter. Le jour des faits, Ayoub El Khazzani monte à bord du Thalys 9364 à Bruxelles-Midi. Armé d'une kalachnikov, d'un cutter, d'une arme de poing et de munitions, il tente de s'en prendre aux passagers avant d'être arrêté.

Le Marocain de 28 ans a expliqué au juge d'instruction: "personnellement, j'ai pas pu tuer. J'avais deux armes avec moi. Intérieurement, j'étais détruit psychiquement, mais à la dernière minute, je n'ai pas pu."

Longtemps silencieux, le tireur, incarcéré en France, a finalement avoué en décembre 2016 qu'il était monté dans le train sur ordre du djihadiste Abdelhamid Abaaoud, le Belgo-Marocain cerveau présumé des attentats du 13 novembre 2015 à Paris (130 morts).

"Il m'a dit que la cible était le Thalys où je devais attaquer des Américains", explique El Khazzani lors d'un interrogatoire de décembre 2016. Ayoub suit alors les consignes: acheter un billet pour le train de 17 heures, monter dans la rame 12. Là, "je me suis dirigé vers les Américains", raconte-t-il. "A un moment, un Américain, un grand, m'a fixé, il était loin de moi. Je l'ai vu de face et je n'ai pas pu le tuer."

"En garde à vue, très honnêtement, j'ai regretté de ne pas avoir tué, après avoir vu tout ce qui se passe en Syrie", a-t-il déclaré par ailleurs.

Interrogée par Le Figaro, Me Sarah Mauger-Poliak, avocate d'Ayoub El Khazzani, confirme les déclarations de son client auprès du juge d'instruction. "Il a toujours dit qu'au moment de passer à l'action, il avait pris conscience de ce qu'il allait faire, et avait réalisé qu'il n'en était pas capable. Quant à ce qu'il a dit en garde à vue ("J'ai regretté de ne pas avoir tué", NDLR) c'était il y a trois ans, son état d'esprit a radicalement changé depuis. Il a beaucoup de regrets et de remords", assure l'avocate.