Monde

La Commission européenne est prête à étudier la faisabilité d'un accord commercial "restreint" avec les Etats-Unis si l'UE est définitivement exemptée des droits de douane américains sur l'acier et l'aluminium, a affirmé vendredi à l'AFP la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström.

"C'est quelque chose que nous pouvons explorer, seulement sur les droits de douane sur les biens et d'autres (...) sujets peu compliqués", a-t-elle expliqué.

"Nous n'en sommes pas là, mais je dirais qu'un accord plus restreint serait le plus facile à conclure si nous voulons des résultats rapidement", a ajouté Mme Malmström.

Elle a cependant précisé que la Commission, en charge de la politique commerciale de l'UE, aurait "besoin d'un mandat des Etats membres" pour se lancer dans de telles discussions.

Elle a aussi rappelé que la condition préalable des Européens restait d'être exclus des droits de douane américains de manière "complète et inconditionnelle".

"Notre stratégie est claire. Nous ne négocions rien sous le menace", a-t-elle insisté.

La Maison Blanche a annoncé lundi qu'elle consentait à prolonger jusqu'au 1er juin un sursis accordé à l'UE, mais aussi au Mexique et au Canada, censé s'achever le 1er mai, concernant ces taxes de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium.

Selon le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, les Etats-Unis ont prolongé l'exemption pour les Européens en raison de potentielles avancées sur "la réduction des tensions commerciales entre l'Union européenne et nous-mêmes".

Pour Mme Malmström, d'éventuelles discussions commerciales avec les Etats-Unis devraient inclure "les automobiles", un sujet primordial pour le président américain Donald Trump, et être "mutuellement bénéfiques à la fois pour l'UE et les Etats-Unis".

"Nous pourrions explorer cela pour avoir une meilleure vue d'ensemble", a-t-elle argué.

L'Allemagne est favorable à un tel accord, contrairement à la France, qui craint de voir ressurgir le spectre très impopulaire du TTIP (ou Tafta), le grand accord commercial négocié par l'UE avec les Etats-Unis, au point mort depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump.

Mais l'accord "restreint" évoqué par Mme Malmström serait "totalement différent" du TTIP, car beaucoup plus modeste, a-t-elle souligné.