Monde

Milko Jozic et Elif Dogan n'avaient plus donné de signe de vie depuis vendredi soir.

Les informations se précisent relativement aux personnes qui ont trouvé la mort ce vendredi lors des attentats perpétrés par l’EI. Deux Belges (au moins) seraient concernés, selon des propos rapportés par le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, à la RTBF en début d'après-midi. Plus tard dans la soirée, on apprendra le décès d'une troisième victime.

Selon nos informations, les deux premières victimes sont deux Liégeois, Milko Jozic et Elif Dogan, qui ont perdu la vie dans les attentats. Ils vivaient à Paris depuis quelques mois, près du Bataclan. Leurs proches étaient sans nouvelle d'eux malgré les appels incessants lancés depuis ce vendredi soir.

Vers 14 h ce samedi, l’ex-compagne et la fille de Milko n’étaient toujours pas parvenus à les joindre. Elif Dogan ne se serait par ailleurs pas présentée à un rendez-vous de travail ce jour tandis que Milko n’a pas pris l’avion qu’il devait prendre à 10 h. Ce dernier a envoyé un SMS à un ami liégeois une demi-heure avant les fusillades… cette même personne lui aurait répondu mais n’a jamais eu de réponse.




"Ils ne méritaient pas ça!"

Ingrid, l’ex-femme de Milko avec qui elle a eu une fille, est "dans le noir".

Lorsque la nouvelle des attentats est tombée, Ingrid, ancienne journaliste et aujourd’hui photographe indépendante, a immédiatement tenté de joindre Milko, son ex-compagnon qui n’est autre que le père de Laureline, sa fille. Plus les minutes et les heures, passaient, plus l’inquiétude grandissait. Jusqu’à cette terrible nouvelle qui leur est parvenue en début d’après-midi ce samedi. Elle a accepté de nous parler quelques instants…

"Je me dis simplement que le monde est complètement pourri. C’est surtout pour ma fille que c’est dur, on se sent paumées. On ne sait pas ce qui va se passer".

Hier soir, Laureline, la fille de Milklo a posté un message sur Facebook… "Si quelqu’un a des nouvelles de Milko Jozic et/ou Elif Dogan contactez-moi au plus vite s’il vous plaît"… On sait aujourd’hui que cet appel fut vain. "En fait, on cherchait à avoir des nouvelles mais c’est finalement quelqu’un qui m’a appelée de manière privée en me disant, "appelle-moi". Cette personne que je connais savait de source sûre que leurs noms étaient dans la liste des personnes décédées. À part cela, on ne sait rien, la cellule de crise ne nous répond pas officiellement. On n’arrive même pas à les joindre. On ne se rend pas compte".

"Ma fille ? Elle est forte mais elle me dit qu’elle est en colère de voir que son père est dans la rubrique faits divers, il fait partie des 165 morts".

Particulièrement bouleversée et cherchant ses mots, Ingrid a tenu à souligner ceci de Milko et Elif : "Ce sont de belles personnes qui ne méritaient vraiment pas ça. Je ne sais pas ce qu’on va faire mais s’il faut aller à Paris, on ira, ou alors ils vont être rapatriés. Nous sommes dans l’ignorance, dans le noir pour le passé et pour le futur".


"Milko  était quelqu’un de très ouvert !”

Alors que les mots de soutien aux familles de Milko Jozic et Elif Dogan pleuvent sur les réseaux sociaux, nous avons recueilli le bref témoignage, ému, d’un ami de Milko… Âgé de 47 ans, ce Liégeois était apprécié par ses proches. Il aimait la vie…

“La première fois que je l’ai rencontré, il était jeune père… ils habitaient en Hesbaye avec son ex-femme qui est une amie”, nous explique ce Liégeois qui a préféré gardé l’anonymat. “Je sais qu’il allait souvent en Chine pour son travail d’ailleurs il devait s’y rendre ce samedi… c’est dramatique ce qui est arrivé car Milko, c’était vraiment quelqu’un de très intelligent, de très ouvert, conscient sur tout ce qui se passait. Pas quelqu’un qui faisait des appels à la haine, au contraire… C’était un gars qui aimait la vie aussi, il aimait faire la fête. Quelqu’un pour qui la liberté signifiait quelque chose”.


Le point sur les victimes décédées

Plusieurs étrangers ont été victimes vendredi soir des attentats de Paris qui ont fait au total plus de 129 morts et 352 blessés.

Parmi les tués figurent, selon un bilan provisoire:

- au moins trois ressortissants belges (lire ci-dessus et ici).

- un Espagnol de 29 ans, Alberto González Garrido, selon les autorités espagnoles. Le jeune Madrilène assistait, selon sa soeur, au concert du Bataclan.

- un Portugais de 63 ans qui résidait à Paris et travaillait dans le transport de passagers, selon les autorités portugaises. Il serait mort alors qu'il se trouvait aux abords du Stade de France au nord de Paris.

- deux ressortissants roumains, selon le ministère des Affaires étrangères à Bucarest.

- - un ressortissant britannique, a indiqué le Foreign Office évoquant également des blessés dont le nombre n'est pas précisé.

- deux jeunes Tunisiennes, des soeurs qui vivaient dans la région du Creusot (centre-est) et fêtaient à Paris l'anniversaire d'une amie, a indiqué le ministère tunisien des Affaires étrangères.

- une Chilienne figure parmi les victimes. "C'est la nièce de notre ambassadeur Ricardo Nunez", a déclaré la sénatrice du Parti socialiste chilien Isabel Allende.

- deux Algériens, une femme 40 ans un homme de 29 ans, ont ét tués dans les attentats selon l'agence APS, citant des sources diplomatiques algériennes.

- Une étudiante américaine est morte vendredi soir. La jeune étudiante en design de l'université d'Etat de Long Beach en Californie, Nohemi Gonzalez, se trouvait à Paris dans le cadre d'un semestre d'échange universitaire, a expliqué son établissement dans un communiqué.

Par ailleurs un Suédois pourrait avoir été tué et un autre blessé selon un porte-parole de la diplomatie suédoise.

Plusieurs Américains se trouvent parmi les blessés, dont le nombre exact n'a pas été précisé. "Nous leur offrons toute l'assistance consulaire possible", a dit un porte-parole de la diplomatie américaine.


Un Italien rescapé du Heysel légèrement blessé au Bataclan

Un Italien de 45 ans en vacances à Paris a été légèrement blessé dans l'attaque du Bataclan, 30 ans après avoir échappé à la bousculade mortelle du stade du Heysel, a raconté sa famille au journal italien Corriere adriatico.

"Soyez tranquilles, je vais bien", a assuré à ses proches Massimiliano Natalucci, qui souffre juste d'égratignures à une jambe après plusieurs heures d'angoisse dans la salle de concert.

Une amie venue comme lui de Senigallia, près d'Ancône sur la côte adriatique, a été touchée à une épaule et devait être opérée samedi, tandis qu'au moins 82 personnes ont été tuées dans cette attaque.

"Ils ont eu un terroriste à trois mètres d'eux pendant tout le temps", a assuré son père au journal.

Le 29 mai 1985, Massimiliano, alors âgé de 15 ans, était sorti indemne avec son père et son oncle de la bousculade mortelle au stade du Heysel à Bruxelles lors de la finale de la Coupe d'Europe des clubs champions entre la Juve et Liverpool.

Vendredi soir à Bruxelles, un hommage avait été rendu aux 39 victimes de ce drame avec une pause silencieuse à la 39e minute du match amical entre la Belgique et l'Italie dans l'enceinte rénovée et devenue le stade Roi-Baudouin.

Selon sa soeur Federica, c'est un baiser du pape Jean Paul II sur la place Saint-Pierre de Rome quand il avait 8 ans qui a protégé Massimiliano les deux fois.