Monde

Les Brésiliens ont été horrifiés jeudi par un incendie criminel qui a provoqué la mort de quatre enfants et d'une enseignante dans une crèche, le gardien ayant aspergé ses jeunes victimes d'alcool avant de succomber à son tour à ses blessures.

L'incendie, qui a également fait plusieurs dizaines de blessés, a eu lieu dans la matinée dans un quartier modeste de Janauba, ville de 70.000 située à 600 km de Belo Horizonte, capitale de l'État de Minas Gerais (sud-est).

"Ce matin, quatre enfants et une enseignante sont morts brûlés quand un gardien de la crèche a répandu de l'alcool sur ses victimes et sur son propre corps avant d'y mettre le feu", a annoncé le parquet de cet État dans un communiqué.

Transporté par les services d'urgence dans un état grave "avec des brûlures sur tout le corps", le gardien, âgé de 50 ans, est décédé quelques heures plus tard, a indiqué à l'AFP le directeur de l'hôpital local, Bruno Ataide Santos.

Selon cette même source, "environ 50 blessés" ont été hospitalisés, mais on ignorait la gravité de leur état. Environ 80 enfants se trouvaient dans la crèche au moment du drame.

D'après le site d'information G1, les quatre enfants décédés étaient âgés de quatre ans.

La police locale a indiqué que des agents s'étaient rendus "au domicile du suspect et de membres de sa famille" pour tenter d'établir "les raisons qui ont motivé le crime".

Le commissaire Renato Nunes a expliqué au site du journal local Hoje em Dia que le gardien souffrait de "problèmes mentaux" depuis 2014, ajoutant que de nombreuses bouteilles d'alcool avaient été retrouvées à son domicile.

Il travaillait depuis au moins huit ans dans la crèche où il n'était pas en contact direct avec les enfants.


Parents effondrés

Dès que les premières informations sur le drame ont commencé à circuler, les parents bouleversés ont afflué en masse pour tenter d'avoir des nouvelles de leurs enfants. Ils se sont retrouvés devant des locaux carbonisés.

"Comme la crèche est près de chez nous, nous avons entendu du bruit et nous avons accouru. Ma petite fille était si gentille, si intelligente", a déclaré Nelson de Jesus Silva, père d'une des victimes, Ana Clara Ferreira, à la télévision Globonews.

Jane Kelly, mère du petit Juan Miguel Soares, était tout aussi effondrée.

"Je pensais le changer de crèche, parce que nous nous apprêtions à déménager. Je l'ai réveillé tôt pour l'amener ici et quand je l'ai revu, il était mort à l'hôpital", a-t-elle déclaré à la même chaîne, en larme.

Le maire de Janauba, Carlos Isaildon Mendes, qui a décrété sept jours de deuil officiel, a expliqué au site Uol qu'une tragédie de plus grande ampleur avait été évitée de justesse.

"Ça aurait pu être encore pire, parce que la chambre des bébés se trouvait dans la salle d'à côté. L'évacuation aurait été beaucoup plus difficile. Comme les enfants étaient plus grands, beaucoup d'entre eux ont réussi à s'échapper", a-t-il expliqué.

Le président brésilien Michel Temer a publié un message sur Twitter pour exprimer sa "solidarité envers les familles" des victimes de "cette tragédie".

"Moi qui suis père de famille, j'imagine que cette perte doit être extrêmement douloureuse", a-t-il ajouté, souhaitant que "ces choses ne se reproduisent plus au Brésil".