Monde Aux côtés du Premier ministre Conte, 18 ministres dont 5 femmes.

Le premier gouvernement d’alliance entre un jeune mouvement populiste et un parti d’extrême droite a prêté serment vendredi à Rome, sous la direction de Giuseppe Conte (53 ans), un juriste novice en politique à qui il appartient maintenant de mettre en oeuvre une politique anti-austérité et sécuritaire.

L’ont suivi les deux hommes forts de ce gouvernement populiste, le premier dans un pays fondateur de l’Union européenne : Matteo Salvini, 45 ans, patron de la Ligue (extrême droite), et Luigi Di Maio, 31 ans, chef de file du Mouvement Cinq Étoiles (M5S, antisystème), ont juré devant le président Sergio Mattarella d’exercer leurs fonctions "dans l’intérêt exclusif de la Nation".

Après près de trois mois de rebondissements inédits, les populistes italiens ont finalement trouvé un compromis avec le chef de l’État qui exigeait des garanties sur le maintien du pays dans la zone euro.

Jeudi soir , il a signé avec un soulagement visible une liste amendée comprenant 18 ministres, dont 5 femmes, représentant à parts égales les forces politiques victorieuses des législatives du 4 mars, bien que le M5S ait obtenu plus de 32 % des voix et la Ligue 17 %.

Conte devrait se présenter en début de semaine prochaine devant le Parlement pour y obtenir la confiance, avant de représenter son pays en fin de semaine au sommet du G7 au Canada.

Luigi Di Maio et Matteo Salvini deviennent vice-Premiers ministres. Nombre de commentateurs s’interrogent sur la marge de manoeuvre dont disposera Conte, sans expérience politique, face à ses deux "vices" qui l’ont fait roi.

Le "gouvernement du changement" est désormais attendu sur son programme, qui tourne résolument le dos à l’austérité et aux "diktats" de Bruxelles, pariant sur une politique de croissance économique pour réduire la colossale dette publique italienne. Il promet un abaissement de l’âge de la retraite, des baisses d’impôts draconiennes - cheval de bataille de la Ligue - et l’instauration d’un "revenu de citoyenneté" de 780 euros par mois - promesse phare du M5S.

Il présente aussi bien la rhétorique du M5S sur l’environnement, les nouvelles technologies ou la moralisation de la vie publique que le tour de vis sécuritaire, anti-immigrés et anti-islam de la Ligue.

Salvini a promis dès jeudi soir par exemple "un bon coup de ciseaux" dans les fonds destinés à l’accueil des demandeurs d’asile.