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La Belgique "condamne" la décision de Trump de reconnaître Jerusalem comme capitale d'Israël.

"Nous condamnons cette déclaration" du président américain Donald Trump annonçant une reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël et le transfert de l'ambassade américaine de Tel Aviv vers Jérusalem, a indiqué jeudi à la Chambre le premier ministre Charles Michel. Le chef du gouvernement belge a plaidé en faveur d'un renforcement de la diplomatie européenne au Proche-Orient. Pressé par nombre de parlementaires, il a fait connaître son intention d'évoquer sur le terrain diplomatique la résolution du parlement belge appelant à la reconnaissance d'un Etat palestinien, estimant qu'une reconnaissance formelle ne pourrait avoir lieu que dans un cadre européen.

La Russie se dit "très inquiète"

La Russie s'est dite jeudi "très inquiète" après la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël, appelant les parties prenantes au conflit israélo-palestinien à la "retenue" et au dialogue.

"Moscou est très inquiet de la décision qui a été annoncée à Washington", a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué, disant craindre des conséquences funestes pour la région dans son ensemble.

"Un règlement juste et sûr du conflit israélo-palestinien doit être atteint sur une base juridique internationale prenant en compte les résolutions du Conseil de sécurité et de l'Assemblée générale des Nations unies, qui prévoient le règlement de tous les aspects du statut définitif des territoires palestiniens, y compris la question sensible de Jérusalem, lors de négociations directes israélo-palestiniennes", poursuit le ministère.

"Nous appelons toutes les parties prenantes à la retenue et à renoncer à des actions incontrôlées et lourdes de conséquences", ajoute le ministère russe, appelant également à se pencher sur le problème de "l'accès libre de tous les croyants aux lieux saints de Jérusalem".

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, s'est également dit "inquiet" des suites de l'annonce américaine. "Nous estimons que cette décision n'aide en rien à l'avancement du règlement au Proche-Orient, mais au contraire, mène comme nous le voyons à la division au sein de la communauté internationale", a-t-il déclaré aux journalistes.

La Russie, membre du Conseil de Sécurité de l'ONU et du Quartet pour le Proche-Orient, prône "une existence sûre et pacifique d'Israël au sein de frontières reconnues internationalement, ainsi que la réalisation des espoirs du peuple palestinien en la création d'un Etat indépendant propre", a rappelé le ministère.

La décision annoncée mercredi par M. Trump de reconnaître "officiellement Jérusalem comme capitale d'Israël" et de transférer l'ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv vers cette ville a suscité une vague de condamnations internationales, à l'exception d'Israël.


Pour Tillerson, Trump a obéi à "la volonté du peuple américain"

Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson a affirmé jeudi qu'en reconnaissant Jérusalem comme capitale d'Israël, le président Donald Trump a obéi à la "volonté du peuple américain". La mini tournée européenne du chef de la diplomatie américaine, consacrée à différents entretiens avec les alliés de Washington, est parasitée par la réprobation internationale liée à la décision du président des Etats-Unis de reconnaître Jérusalem comme la capitale d'Israël.

"Le président exprime simplement la volonté du peuple américain", a déclaré M. Tillerson lors d'une conférence de presse à Vienne, aux côtés du ministre autrichien des Affaires étrangères Sebastian Kurz.

Il s'est référé à l'adoption en 1995, par le Congrès américain, du Jerusalem Embassy Act appelant les Etats-Unis à déménager l'ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem, "capitale de l'Etat d'Israël".

"Le président n'a rien fait d'autre que de mettre en oeuvre la loi de 1995", a insisté le secrétaire d'Etat, soulignant que Washington souhaitait voir Israël et les Palestiniens négocier un accord de paix.

La loi de 1995 est contraignante pour le gouvernement américain. Mais une clause permet aux présidents de repousser son application pour six mois. Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama avaient systématiquement actionné la clause tous les six mois. M. Trump l'a fait en juin 2017, à contrecoeur.