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Un homme de 25 ans au volant d'une camionnette a fauché des dizaines de personnes lundi sur les trottoirs de Toronto, faisant 10 morts et 14 blessés, "majoritairement des femmes" au centre de la métropole économique du Canada.

Voici le point sur cet acte "insensé", selon les termes du Premier ministre Justin Trudeau, qualifié de délibéré par Mark Saunders, le chef de la police de Toronto.

Le déroulé 

A 13h35 locales (17H35 GMT), la police reçoit un appel sur son numéro d'urgence rapportant des piétons fauchés vers la rue Yonge, "une des rues les plus fréquentées" du Canada, en plein centre de Toronto, a raconté Mark Saunders mardi lors d'une conférence de presse.

Une camionnette de location blanche roule à vive allure, passant des voies de circulation de la rue Yonge aux trottoirs où déambulent de nombreux piétons sous le soleil à l'heure du déjeuner, et sur près de deux kilomètres, selon un journaliste de l'AFP.

"Sept minutes plus tard, la police de Toronto a arrêté un homme pour un acte de tuerie de masse", selon le chef Saunders.

Le bilan et les victimes 

Après avoir annoncé que 8 à 10 piétons avaient été fauchés, la police diffusait en fin de journée un lourd bilan de 10 morts. Mardi, la police a ramené de 15 à 14 le nombre des blessés.

Les corps des victimes, recouverts d'une couverture orange, étaient dispersés lundi sur plusieurs centaines de mètres.

La police poursuivait mardi son travail d'identification des individus décédés dont deux sont Sud-Coréens et un est Jordanien. Egalement décédée Anne Marie D'Amico, une employée de la société d'investissement Invesco Canada dont les bureaux sont situés sur la rue Yonge.

Les personnes décédées et blessées sont "majoritairement des femmes" et leur âge va "de la mi-vingtaine à environ 80 ans", a concédé la police.

Le conducteur 

La police a identifié le chauffeur de la fourgonnette comme étant Alek Minassian, 25 ans, un résident de Richmond Hill en banlieue nord de Toronto.

L'assaillant était jusqu'ici inconnu des services de police. Il n'était pas non plus fiché par les services de renseignement ce qui écarte, selon le gouvernement canadien, la piste d'un acte de terrorisme comme cela a pu être le cas dans le même type d'attaque à la voiture-bélier à Londres ou à Nice.

La police n'a pas voulu épiloguer sur "le mobile exact" du conducteur qui "a posté un message énigmatique sur Facebook quelques minutes" avant de prendre le volant pour sa course meurtrière et pouvant laisser penser à une rancoeur envers le sexe féminin.

Interrogé sur cet aspect de la personnalité de l'accusé, un policier a indiqué que "cela faisait partie de l'enquête" tout en confiant que "c'est juste de dire" que les victimes sont "majoritairement des femmes".

Au moment de son interpellation, il brandissait un objet dans la main gauche et faisait face à un policier qui le tenait en joue, selon des images publiées sur les réseaux sociaux.

L'homme a ensuite été menotté au sol par un policier.

Inculpation 

Alek Minassian a été formellement inculpé mardi sous dix chefs d'accusation pour meurtre avec préméditation et treize pour tentatives de meurtre sur autant de blessés. Un 14e chef d'accusation devrait être prochainement porté contre lui, a dit la police.

Sa comparution n'a duré que quelques minutes dans un petit tribunal du quartier North York de Toronto, au terme de laquelle une nouvelle audience a été fixée au 10 mai.