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Le directeur de la CIA a assuré que la simulation de noyade n'avait pas été utilisée par son agence "depuis près de 5 ans"...


WASHINGTON La CIA a eu recours à la simulation de noyade sur trois suspects du réseau Al-Qaïda après les attentats du 11-Septembre, a admis pour la première fois mardi le directeur de la Centrale du renseignement américain, Michael Hayden, devant une commission parlementaire.

"La simulation de noyade a été utilisée sur seulement trois détenus", a-t-il indiqué, en précisant pour la première fois les noms des suspects ayant subi cette technique d'interrogation très controversée, dénoncée comme un acte de torture par les organisations des droits de l'Homme.

Ces détenus étaient Khaled Cheikh Mohammed, cerveau présumé des attentats du 11-Septembre, Abou Zoubaydah, premier membre influent présumé d'Al-Qaïda capturé par les Etats-Unis après le 11-Septembre, et Abd Rahim Al-Nashiri, un autre responsable présumé du réseau islamiste, a détaillé M. Hayden.

Le directeur de la CIA a assuré devant la commission du renseignement du Sénat que la simulation de noyade n'avait pas été utilisée par son agence "depuis près de 5 ans".

A l'époque, "nous y avons eu recours contre ces trois détenus en raison des circonstances", a-t-il fait valoir, la CIA craignant alors "d'autres attentats catastrophiques imminents contre le territoire national".

Depuis les attentats du 11 septembre 2001, les Etats-Unis ont lancé un programme de détention et d'interrogatoire permettant aux services de renseignement de recourir à des "techniques accrues" de questionnement contre des terroristes présumés, mais dont le détail est confidentiel.

Dans une récente interview, l'ancien chef du renseignement américain et actuel secrétaire d'Etat adjoint John Negroponte avait laissé entendre que les Etats-Unis avaient déjà utilisé le simulacre de noyade, mais que ce n'était plus le cas.

Le recours à cette technique est au centre d'une polémique aux Etats-Unis, alimentée par la position ambiguë sur le sujet du nouveau ministre américain de la Justice Michael Mukasey, pressé de déclarer cette pratique illégale en toutes circonstances.

Au cours de son premier témoignage devant le Congrès depuis sa prise de fonction le 9 novembre, l'Attorney General a dit que la torture était illégale aux Etats-Unis mais que la simulation de noyade n'était pas couverte par la législation américaine.

Fin janvier, au cours d'une audition au Sénat, il a suggéré que, dans certaines conditions, la simulation de noyade pouvait être légale, même s'il a ajouté que les experts pouvaient penser le contraire.