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Le gigantesque incendie qui a ravagé dans la nuit de mardi à mercredi un immeuble HLM à Londres de 120 foyers a fait au moins dix-sept morts et 78 blessés, selon un bilan provisoire.

Dans le quartier, c'est la colère qui prédomine car un collectif de résidents s'était plaint à plusieurs reprises d'un risque d'incendie en raison de l'amassement de nombreux détritus lors de différents travaux successifs.

Des manifestations ont eu lieu dans le quartier cette semaine pour réclamer "Justice pour Grenfell".

"Un des endroits les plus riches"

Akala, un rappeur londonien, écrivain et éducateur, a pris la parole après ce drame pour dénoncer le comportement des autorités. "Nous sommes dans un endroit parmi les plus riches pas seulement à Londres mais dans le monde. Des demandes répétées ont été ignorées. Des gens riches ne vivraient jamais dans un immeuble sans système incendie adéquat. Toutes les personnes présentes m'ont dit qu'elles n'avaient pas entendu d'alarme, qu'il n'y avait pas d'arroseur anti-incendie."

Cet artiste britannique revient également sur les 8,7 millions de livres dépensées en mai 2016 pour rénover l'immeuble. "C'était trop moche pour les habitants les plus riches qui vivent en face. Ils ont mis des beaux panneaux pour que les riches vivant en face n'aient pas à voir cet horrible bloc."


"Des catastrophes imminentes" à prévoir

Un nouveau revêtement qui a d'ailleurs été critiqué car composé en partie de plastique. Un des éléments qui pourraient expliquer la vitesse de propagation des flammes. Comme dans de nombreux logements sociaux à Londres selon un expert.

L'architecte Sam Webb dans le Guardian a ainsi expliqué que "des catastrophes imminentes" sont à prévoir dans le futur au Royaume-Uni. Citant un rapport, il explique que plus de la moitié des bâtiments construits dans les années 90 n'étaient pas aux normes en ce qui concerne la sécurité incendie. "Je ne pense vraiment pas que l'industrie de la construction comprend comment le feu se comporte dans les bâtiments et mesure sa dangerosité."

Theresa May s'était rendue sur les lieux du drame. Elle a rencontré des survivants dans une Eglise mais a dû être évacuée par une porte latérale conspuée par des manifestants.