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La Corée du Nord a démantelé jeudi son site d'essais nucléaires, au cours d'une opération savamment orchestrée par le régime comme un geste de bonne volonté avant un sommet potentiel avec les Etats-Unis.

Pyonyang a "complètement" démantelé le site d'essais de Punggye-ri, dans le nord-est, a annoncé l'Institut pour les armes nucléaires de la République populaire démocratique de Corée dans un communiqué en anglais rendu public par l'agence officielle KCNA.

Plusieurs médias internationaux invités à assister à l'opération ont décrit une série d'explosions survenues tout au long de la journée, dont trois dans les tunnels d'entrée menant à la structure souterraine. Des casernements voisins et d'autres structures ont été rasés dans les explosions.

"Il y a eu une explosion énorme, on a pu la ressentir. La poussière nous arrivait dessus, la chaleur nous arrivait dessus. Le bruit était très fort", a déclaré Tom Cheshire, un journaliste de Sky News, sur le site de la chaîne de télévision britannique.

"Le démantèlement du site d'essais nucléaires a été conduit de manière à ce que tous les tunnels du site d'essais s'effondrent par explosions et obturent complètement les entrées des tunnels", détaille l'Institut, selon qui des postes de garde et d'observation ont également été détruits.

Deux des tunnels détruits étaient "prêts pour des essais nucléaires souterrains très puissants à n'importe quel moment", a-t-il fait savoir, précisant qu'aucune fuite radioactive n'avait été détectée.

L'opération a été saluée par Séoul, qui espère que "cela serve à avancer vers la dénucléarisation complète" du voisin du nord, a affirmé Noh Kyu-duk, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Le site, entouré de sommets escarpés, est creusé profondément sous une montagne granitique de 2.000 m d'altitude dans le Hamqyong du Nord, province du nord-est frontalière de la Chine.

Punggye-ri a été le théâtre des six essais nucléaires menés par Pyongyang, dont le dernier en date à eu lieu en septembre. Ce test, le plus puissant à ce jour, aurait concerné une bombe à hydrogène.

Les spécialistes sont divisés sur le fait de savoir si le site sera vraiment rendu inutilisable.

L'événement intervient à quelques semaines d'une rencontre historique entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un et le président américain Donald Trump, prévue le 12 juin à Singapour.