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Les Etats-Unis doivent "éviter l'escalade" face aux futures probables "provocations" de la Corée du Nord, a estimé lundi à Washington la ministre sud-coréenne des Affaires étrangères Kang Kyung-Wha.

Pyongyang a accusé lundi Donald Trump de lui avoir "déclaré la guerre" en menaçant de "détruire totalement" la Corée du Nord et en faisant voler ses bombardiers stratégiques près de ses côtes. Le régime nord-coréen a aussi promis de prendre des "contre-mesures", ce qui pourrait aller jusqu'à "abattre des bombardiers stratégiques" américains à l'avenir.

"Il est très probable que la Corée du Nord mène de nouvelles provocations", a estimé la cheffe de la diplomatie sud-coréenne, après ces propos nord-coréens.

"Il est impératif que nous, Corée du Sud et Etats-Unis, ensemble, puissions gérer la situation (...) de manière à éviter une escalade ultérieure des tensions ou des affrontements militaires accidentels qui pourraient rapidement dégénérer", a-t-elle ajouté dans un discours devant le centre de réflexion Center for Strategic and International Studies.

"Il ne peut pas y avoir de nouvelle guerre", a insisté Kang Kyung-Wha.

La ministre a reconnu que le régime de Kim Jong-Un semblait avoir fait des progrès "plus rapides que prévu" dans la mise au point de l'arme nucléaire. "Pyongyang approche rapidement de son objectif affiché" d'avoir des missiles balistiques nucléaires pouvant cibler les Etats-Unis, a-t-elle prévenu.

Selon elle, la Corée du Nord "doit changer d'attitude", "et le premier pas serait de cesser les provocations". Elle a plaidé pour une "pression maximale" et des sanctions fortes comme "outil diplomatique" pour convaincre Pyongyang de revenir à la table des négociations en vue d'une "dénucléarisation totale, vérifiable et irréversible" de la péninsule coréenne.

Washington rejette les accusations d'une "déclaration de guerre"

La Maison Blanche a vivement rejeté lundi les accusations de Pyongyang selon lesquelles Donald Trump aurait "déclaré la guerre" à la Corée du Nord, les qualifiant d'"absurdes".

"Nous n'avons pas déclaré la guerre à la Corée du Nord et, franchement, une telle suggestion est absurde", a déclaré Sarah Huckabee-Sanders, porte-parole de l'exécutif américain.

Le chef de la diplomatie nord-coréenne, Ri Yong Ho, a accusé lundi le président américain: "Tous les Etats membres (de l'ONU) et le monde entier devraient clairement se rappeler que ce sont les Etats-Unis qui ont les premiers déclaré la guerre à notre pays", a-t-il affirmé.

"Notre objectif reste le même: nous cherchons une dénucléarisation pacifique de la péninsule coréenne, c'est notre objectif", a ajouté la porte-parole de M. Trump, évoquant une "pression économique et diplomatique" aussi forte que possible. Interrogé sur les propos du diplomate nord-coréen qui a menacé d'abattre les bombardiers américains s'approchant de ses côtes, elle a estimé qu'il n'était jamais acceptable pour un pays d'abattre des avions d'un autre pays "se trouvant au-dessus des eaux internationales".

Samedi, dans une démonstration de force, les Etats-Unis ont fait voler des bombardiers stratégiques près de la Corée du Nord, ajoutant une pression militaire à des tensions politiques qui ont duré toute la semaine, via des insultes et menaces.