Monde Plusieurs militaires pointent du doigt le manque de soutien politique envers leur travail mais aussi celui de la population.

Il y a deux semaines, alors que le Louise-Marie sortait du port sicilien d’Augusta et mettait le cap vers les côtes libyennes, un attentat était évité à la gare de Bruxelles-Central. À bord, une note a été quasi immédiatement épinglée dans le couloir principal du navire. Cette lettre, intitulée "Fiers de nos militaires" est signée des mains de Steven Vandeput (N-VA) et Marc Compernol, respectivement ministre et chef de la Défense.

Quelques jours plus tard, les marins sauvaient 118 migrants. Un sauvetage dont l’entièreté du gouvernement s’est gardée de faire la publicité : ni le ministre de la Défense ni le Premier ministre n’ont souligné l’action des militaires en mer. "Dire qu’un type a - peut-être - sauvé des Belges en Belgique, c’est sexy. Dire que 170 mecs ont sauvé 118 Africains de la noyade, loin dans la Méditerranée, ça l’est moins. C’est triste mais c’est comme ça : une vie n’égale pas une autre", critique un membre de l’équipage.

À bord, ce manque de réaction est pointé du doigt, même si, au fond, il n’étonne personne. Et pour cause : le portefeuille de la Défense est entre les mains de la N-VA, un parti qui ne va certainement pas saluer les sauvetages de migrants. Theo Francken, étoile montante du parti nationaliste et secrétaire d’État à l’Asile et la Migration, n’a d’ailleurs jamais caché son mépris pour les ONG présentes en Méditerranée et estime que celles-ci facilitent le boulot des passeurs. N’empêche, pro-sauvetage ou pas, l’absence de relais de Steven Vandeput n’est pas passée inaperçue.

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