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La télévision publique iranienne a diffusé dimanche soir ce qu'elle a présenté comme les confessions d'un universitaire iranien condamné à mort pour espionnage au profit du Mossad, le service du renseignement extérieur israélien. 

L'universitaire irano-suédois Ahmadreza Djalali a notamment enseigné à la VUB en Belgique. Dans cette vidéo de dix-sept minutes, préparée par les services de contre-espionnage du ministère des Renseignements iranien, le Dr. Ahmadreza Djalali affirme avoir travaillé avec un service de renseignement étranger alors qu'il poursuivait des études en Europe.

Le document diffusé présente des extraits d'un "entretien" avec le Dr Djalali, filmé en plan américain dans une sorte de couloir, entrecoupés d'images d'archives doublées par la voix d'un narrateur affirmant que le médecin a été recruté par le Mossad. L'universitaire y est qualifié de "traitre".

Dans la vidéo, le Dr Djalali dit avoir fourni à ses interlocuteurs étrangers des renseignements sur deux scientifiques, tués dans une vague d'attentats commis à Téhéran entre 2010 et 2012 en plein crise internationale autour du programme nucléaire iranien.

L'Iran a accusé le Mossad et la CIA d'avoir commandité ces assassinats qui ont coûté la vie à cinq savants iraniens impliqués dans le programme nucléaire de la République islamique.

Selon l'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International, M. Djalali est un "universitaire de renom", "spécialiste de la médecine d'urgence" ayant "étudié et enseigné en Suède, en Belgique et en Italie" qui a été arrêté en avril 2016 lors d'une visite en Iran.

Le professeur a en effet donné des cours à la VUB en Belgique. La Chambre a adopté jeudi soir à l'unanimité une résolution contre sa condamnation.

La diffusion du document par l'Iran survient cinq jours après la publication d'un communiqué d'Amnesty International dénonçant la confirmation de sa condamnation à mort par la Cour suprême iranienne "à l'issue d'une procédure secrète et précipitée n'ayant autorisé aucun exposé des arguments de la défense".

L'ONG, qui avait révélé en octobre la condamnation à mort de M. Djalali en première instance, a exhorté les autorités de Téhéran à "annuler immédiatement" la sentence et à reconnaître au médecin "le droit à contester sa condamnation par le biais d'un recours légal sérieux".

Après plus d'une décennie de tension avec l'Occident, Téhéran a conclu en juillet 2015 un accord ayant permis la levée des sanctions internationales imposées à l'Iran à cause de son programme nucléaire, en échange de garanties prouvant que le pays ne cherche pas à se doter de l'arme atomique. Cet accord est remis en cause par les États-Unis du président Donald Trump.