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Les indépendantistes majoritaires au Parlement de Catalogne prévoient la tenue d'une séance plénière de cette assemblée dès jeudi, à la veille de la mise sous tutelle de la région prévue par Madrid, a annoncé le porte-parole de leur coalition. 

Cette séance du Parlement régional pourrait se prolonger jusqu'à vendredi, quand le Sénat à Madrid doit en principe voter sur les mesures de mises sous tutelle de la Catalogne, selon cet élu, Lluis Corominas. En cas de mise en oeuvre de ces mesures drastiques, les séparatistes menacent de faire voter une déclaration unilatérale d'indépendance par le Parlement.

Par ailleurs, le parti d'extrême gauche catalan CUP a promis lundi d'orchestrer une campagne de "désobéissance civile massive" si le gouvernement central prend le contrôle de la région comme il menace de le faire en fin de semaine.

Pour la Candidature d'unité populaire (CUP), allié-clef de la coalition du président séparatiste catalan Carles Puigdemont, cette décision de Madrid est "la plus grande agression" contre la Catalogne depuis la dictature de Francisco Franco (1939-1975), qui lui avait retiré son autonomie.

Samedi, le Conseil des ministres a décidé de déclencher l'application de l'article 155 de la Constitution qui doit encore être autorisée par le Sénat, pour mettre en oeuvre des mesures drastiques visant à reprendre le contrôle de la région: l'exécutif catalan serait limogé, le Parlement et les médias publics placés sous tutelle.

Cette "agression" déclenchera une riposte, prévient la CUP, qui annonce une "réponse sous forme de désobéissance massive de la part des citoyens". La CUP est un allié indispensable de Carles Puigdemont, sa coalition de 62 élus ayant besoin des dix voix de cette formation radicale au parlement régional de 135 députés pour avoir la majorité.

C'est aussi cette formation anticapitaliste et indépendantiste qui avait participé à l'organisation des "comités de défense du référendum", composés de citoyens qui s'étaient massés devant les bureaux de vote pour permettre la tenue le 1er octobre d'un référendum interdit sur l'indépendance.

Dans son communiqué, la CUP exige aussi la proclamation "au plus vite" d'une république indépendante, sur le fondement des résultats du référendum: 90% de oui à l'indépendance avec un taux de participation de 43% selon les chiffres du gouvernement régional.