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Visite de la Corée du Nord, puissance nucléaire possible et aujourd’hui hostile

PYONGYANG Hier, Séoul menaçait gravement Pyongyang, interdisant toute provocation : “On leur répondra au centuple” .

Pas de quoi impressionner le pays le plus emmuré du monde qui rétorquait que pour toute intrusion, “nous transformerons le cœur de nos ennemis en une mer de feu” .

Voici deux ans, le Belge Simon-Pierre Nothomb visitait pour la seconde fois la Corée du Nord, plus de 50 ans après l’avoir quittée. Un voyage au bout de la nuit. Et la radiographie du “pays le moins démocratique au monde” , comme l’a estimé The Economist dans son dernier classement politique. “Visiter la Corée du Nord, c’est savoir lire entre les lignes “, nous décrit Simon-Pierre Nothomb qui après avoir combattu avec les Nations Unies lors de la guerre de Corée (1950-1953) est retourné plusieurs fois en Corée du Sud.

“Les autorités ne veulent montrer aux étrangers que certaines parties du pays, dont nous devons nous contenter. Dans les villes, les campagnes, les touristes sont systématiquement emmenés dans les mêmes endroits, assistent aux mêmes cérémonies et visitent les mêmes musées.”

Fermé sur lui-même, le pays ne se montre que sous son meilleur jour et soigne son armée. Sur 23 millions d’habitants, 1 million de soldats, 5 millions de réserve, soit le taux de militaires par habitant le plus élevé au monde. Austère, sans déchet, économisant son électricité la nuit, Pyongyang est une capitale toute de béton.

“Leurs monuments aux morts, par contre, sont minutieusement réalisés. Et très réussis.” Il y a même un métro à Pyongyang. “On n’en voit qu’une seule station”. Ce qui fait penser à Simon-Pierre Nothomb, comme à beaucoup de visiteurs : “Il y a d’autres Corées, qu’on ne montre pas, soigneusement”. Dans ce pays, seule dynastie communiste de l’Histoire, ce pourrait être la future succession de Kim Jong-il qui explique les relents hostiles que dégage son armée depuis quelque temps.

M. Nothomb rappelle : “Il n’y eut jamais d’armistice signé entre les Corées” .

Prouver sa capacité à mobiliser l’armée est aussi une manière de s’affirmer pour Kim Jong-un, fils de Kim Jong-il et petit-fils de Kim Il-sung, Président éternel du pays.



© La Dernière Heure 2010