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La procédure de nomination du chef de cabinet de Jean-Claude Juncker, Martin Selmayr, au poste de secrétaire général de la Commission européenne a respecté toutes les règles européennes, a assuré lundi après-midi le commissaire européen au Personnel, Günther Oettinger, devant le Parlement européen à Strasbourg. Ses propos ont suscité le mécontentement des eurodéputés, qui lui ont reproché de les prendre pour des "enfants" ou des "imbéciles".

"Je n'ai aucun doute sur le fait que Martin Selmayr dispose de toutes les qualifications requises pour exercer le poste de secrétaire général de la Commission", a affirmé M. Oettinger. Il est indéniablement qualifié pour cette tâche, il a un sens politique développé et un vrai sens européen. C'est pour cela qu'il a la confiance du président et de tous les commissaires." Bien que la procédure ait été particulièrement rapide - il s'est écoulé moins d'un mois entre la clôture de l'appel à candidature et la nomination de M. Selmayr au poste de secrétaire général adjoint, puis de secrétaire général -, toutes les dispositions du statut des institutions européennes ont été respectées, a assuré le commissaire européen.

Les eurodéputés se sont indignés de ces explications très factuelles. "Vous venez d'empirer les choses. Vous prenez les députés européens pour des imbéciles! ", s'est exclamée Sophie in 't Veld, pour les libéraux (ALDE). "Le débat porte sur l'absence totale de bon sens politique de la Commission! Vous vous êtes laissé intimider comme un enfant! Ce 'Selmayrgate' détruit la crédibilité de la Commission européenne."


Le coprésident belge des Verts, Philippe Lamberts, a dénoncé "le parachutage brutal du capitaine Selmayr" et "l'aveuglement coupable de Jean-Claude Juncker". Martin Selmayr, "c'est d'abord et avant tout l'homme d'un parti. Il poursuit sur le chemin d'une centralisation autoritaire. Son objectif, c'est de ne plus voir qu'une ligne, plus qu'un visage, le sien! "

L'europhobe britannique Nigel Farage a quant à lui voulu "remercier la Commission européenne" , un organe non-élu, a-t-il souligné. "Il faut que les citoyens sachent ce qui s'y passe."

"Vous nous dites que toutes les règles ont été respectées, mais si on regarde de plus près, on voit que c'est différent", a lancé Bart Staes (Verts/Groen). "Nous ne voulons pas que des hauts fonctionnaires soient nommés de cette façon."

L'eurodéputé N-VA Mark Demesmaeker a dénoncé une "concentration malsaine des pouvoirs", tandis que Tom Vandenkendelaere (CD&V) appelait à l'exemplarité. "La façon dont les choses se passent est également fondamentale", a-t-il commenté.

Pervenche Berès (S&D) clamait quant à elle "Pourquoi, contrairement à ce que vous avez dit, l'annonce de la vacance du poste de secrétaire général n'a pas été publiée ? Comment pouvez-vous violer l'esprit des institutions ? Cessez ces contrevérités"


En réplique, Günther Oettinger a assuré qu'il "respecte le Parlement européen" et ne considère pas les eurodéputés comme des enfants. Il a demandé aux eurodéputés de donner à Martin Selmayr "l'occasion de (leur) montrer ce qu'il peut faire". Observez-le! ", a-t-il suggéré, appelant aussi à "faire preuve de bienveillance envers les fonctionnaires, qu'ils soient haut placés" ou pas.