Monde Une nouvelle attaque-suicide fait au moins 54 morts et 105 blessés

BAGDAD Plus de cinquante personnes ont péri dans un attentat mardi à Koufa en Irak, le troisième visant des chiites depuis dimanche et qui risque d'exacerber les tensions confessionnelles. "Cinquante-quatre personnes ont été tuées et 105 blessées" dans l'attaque suicide qui s'est produite vers 08H00 locales (04H00 GMT), a affirmé le directeur des services de santé de la province de Najaf, Mondher al-Adhari.

Il a ajouté que les victimes avaient été admises dans trois hôpitaux, l'un à Koufa, et deux dans la ville jumelle de Najaf, à 160 km au sud de Bagdad. Selon des témoins, une voiture a explosé au milieu de la foule à proximité de la Grande mosquée de la ville où des ouvriers attendaient, comme à leur habitude, que des employeurs éventuels viennent les chercher.

"Une voiture bleue est arrivée et des douzaines de travailleurs l'ont entourée pensant que son conducteur cherchait des ouvriers. Quelques instants plus tard, tout volait dans les airs", a affirmé à l'AFP Nasser Kadhim, blessé par l'explosion qui a coûté la vie à son frère.
Le 6 juillet, un attentat a fait 12 morts et des dizaines de blessés, la plupart des pèlerins visitant un lieu saint chiite à Koufa.

C'est le troisième attentat de grande envergue en trois jours visant la communauté chiite. Dimanche, 28 personnes dont 25 chiites ont été tuées à Touz Khormatou (150 km au nord de Bagdad) dans un attentat dans un café. Lundi, 48 personnes ont péri à Mahmoudiyah au sud de Bagdad dans une attaque à la voiture piégée suivie par des tirs dans la foule. Ce nouvel attentat a été condamné avec force par le Premier ministre, Nouri al-Maliki, qui a promis, dans un communiqué, de "pourchasser ses auteurs et de les châtier".

Lundi, des responsables chiites se sont émus des attaques de Mahmoudiyah et de Touz Khormatou, les attribuant à des fidèles de l'ancien régime de Saddam Hussein, dominé par les sunnites et certains ont dénoncé l'incapacité des forces de l'ordre de prévenir ces attentats sanglants.
Dans d'autres violences, huit Irakiens, dont six policiers ont été tués dans l'explosion d'une bombe contre une patrouille de la police à Hawija, dans la région de Kirkouk, dans le nord de l'Irak.

Par ailleurs, au moins cinq Irakiens ont été tués et 15 blessés lors d'affrontements à l'aube avec les forces britanniques dans la ville de Bassorah (sud), a affirmé à l'AFP une source de sécurité. "De violents affrontements ont eu lieu entre des groupes armés et les troupes britanniques dans le centre de Bassorah. Cinq personnes ont été tuées et 15 ont été blessées", a affirmé cette source.

Le porte-parole des forces britanniques, le commandant Charlie Burbridge, a confirmé les heurts sans donner de bilan. "Nos troupes ont été prises sous le feu de membres d'un groupe terroriste majeur lors d'une opération à Bassorah. Nos troupes ont répondu à ce feu soutenu. L'opération menée par la 20e division blindée visait à trouver des caches d'armes", a-t-il affirmé.

A Bagdad, le Conseiller à la sécurité nationale Mouaffak al-Roubaye a annoncé à la presse l'arrestation en juillet, à différentes dates, de quatre membres d'Al-Qaïda, suspectés d'une centaine "de meurtres et assassinats". Les quatre hommes faisaient partie de la brigade Omar, formée par le leader d'Al-Qaïda en Irak Abou Moussab al-Zarqaoui tué dans un raid aérien le 7 juin. Ils sont "à coup sûr derrière l'attentat (au camion piégé) du 1er juillet à Sadr City", qui avait fait 66 morts et 100 blessés, selon lui.

Ces quatre membres présumés de la Brigade Omar, dont l'objectif était "d'attiser les violences confessionnelles sont responsables de plus de 100 meurtres et assassinats", a ajouté M. Roubaye.