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Markel Artabe avait fini de travailler comme serveur à Cambrils et était sorti manger une glace vendredi quand il a entendu des tirs: juste après Barcelone, la côte catalane subissait une seconde attaque terroriste.

"Entre minuit et minuit et demie, nous étions sur la promenade de la plage", raconte à l'AFP ce jeune homme de 20 ans, en short et polo bleu ciel, quelques heures après le drame.

"Puis nous avons entendu des tirs et pensé 'ça doit être des fusées'... Mais c'était des coups de feu", ajoute cet employé d'un restaurant de la cité balnéaire de 33.000 habitants, réputée pour ses étés doux, à 120 km au sud de Barcelone, dans le nord-est de l'Espagne.

D'après la version d'un porte-parole du gouvernement catalan, "des terroristes présumés circulaient à bord d'une Audi A3 et ont apparemment renversé plusieurs personnes avant de se heurter à une patrouille des Mossos d'Esquadra. Et la fusillade a commencé"...

Au moins six civils et un policier ont été blessés quand le véhicule a foncé dans la foule. Un des civils blessés est dans un état critique, ont annoncé les services d'urgence de Catalogne sur leur compte Twitter.

Les cinq occupants de la voiture ont été tués, ont annoncé les Mossos d'Esquadra.

Cette force de police régionale avait auparavant déclaré que ses agents avaient abattu "quatre terroristes présumés". Le cinquième est mort des suites de ses blessures.

Situation 'sous contrôle'

Dans la ville survolée en pleine nuit par un hélicoptère, un Parisien de 49 ans, Hassen - son jeune fils dans les bras - lâche quelques mots aux journalistes, avant que sa femme, bouleversée, l'incite à se taire: "On était a l'entrée du port, il y avait un restaurant avec un orchestre... Une voiture a foncé sur un véhicule de police puis s'est renversée..."

"C'était pan pan pan, des cris, encore des cris. Moi je me suis jeté au sol sur la plage", témoigne un autre serveur de 21 ans, Joan Marc Serra Salinas, dans un restaurant servant de refuge nocturne aux témoins du drame. "D'après ce qu'on dit ici, ceux qui ont fait (l'attaque) seraient des gens de mon âge"...


"J'ai vu une étrangère morte d'une balle dans la tête", croit le jeune serveur Markel, alors que les autorités n'ont pas mentionné ce décès. Il dit avoir vu "deux autres personnes mortes qui semblaient être des terroristes parce qu'elles portaient des ceintures d'explosifs".

Quelques heures après le premier attentat à Barcelone - revendiqué par l'organisation Etat islamique -, Cambrils, comme toute la région, était en état d'alerte puisque la police recherchait le conducteur de la camionnette qui a tué 13 personnes et blessé plus d'une centaine d'autres en fonçant dans la foule.

La maire de Cambrils, Cami Mendoza, insiste sur "la rapidité et l'efficacité" de la police catalane, lors d'un point-presse improvisé dans la rue, à 05H00 heures du matin (3H00 GMT).

"Nous sommes consternés (...) c'est une nuit longue et difficile", dit-elle, sans vouloir donner de détails sur l'attaque à la presse maintenue derrière le cordon de sécurité et empêchée d'approcher du bord de mer dont elle n'aperçoit que quelques palmiers.

Main dans la main dans la nuit, deux touristes venus de Valence, Rey Perry, 43 ans, et Rocio Ordonez, 26 ans, n'en reviennent pas que Cambrils ait pu connaître une telle violence: c'est "une localité touristique tranquille, familiale, où beaucoup se promènent avec des enfants".

Le soleil ne s'est pas encore levé mais la maire assure: "la situation est complètement sous contrôle. Dans quelques heures, Cambrils reviendra à la normale".