Monde

Le journaliste français Loup Bureau est rentré en France dimanche matin après plus de cinquante jours d'incarcération dans une prison turque, sous l'accusation d'appartenance à "une organisation terroriste armée".

L étudiant en journalisme à l'Ihecs de 27 ans, a laissé un mot sur son compte facebook afin de remercier toutes les personnes qui l'ont soutenu.

Bonjour à tous,

Je suis rentré en France et demeure auprès de mes proches. Tout va bien. Je ne vais pas le cacher, ces 52 jours en détention furent très éprouvants, physiquement et moralement. Quand on est isolé, avec très peu de nouvelles provenant de l’extérieur, l’espoir s’effrite un peu plus chaque jour. Plusieurs fois, je me suis effondré, persuadé que j’allais passer les prochaines années de ma vie en prison. A l’incertitude personnelle, concernant ma situation, s’ajoutait la culpabilité d’infliger tout cela à mes proches. Quelque part, cette épreuve m’a montré que je me pensais peut-être plus fort que je ne le suis réellement. Je voudrais dire aux nombreuses personnes m’ayant apporté leur soutien combien celui-ci fut indispensable. Et je pèse mes mots. J’en suis bien conscient, si je suis de retour aujourd’hui, c’est grâce à vous tous. Sur le tarmac de l’aéroport, où je suis arrivé dimanche matin, j’ai retrouvé avec émotion ma famille et mes amis, épuisés après des semaines passées à se mobiliser pour ma libération. Votre action et votre dévouement ont été incroyables. Ces prochains jours, je prendrais le temps de remercier toutes celles et tous ceux qui ont permis ma libération. A mes consœurs et confrères qui me sollicitent pour des entretiens, je vous répondrai très bientôt, dès que j’aurais fini ma cure de sommeil. Il n’y a pas besoin d’avoir fait de la prison pour le savoir, mais cela vaut toujours la peine d’être dit : nos familles, nos amis et nos proches sont ce qu’on a de plus beau dans la vie. A très vite, Loup.

Le journaliste avait été interpellé le 26 juillet à la frontière entre l'Irak et la Turquie, après que des photos le montrant en compagnie de combattants kurdes syriens des YPG (un mouvement considéré comme une organisation "terroriste" par Ankara) eurent été trouvées en sa possession.

Ces images datent, selon sa défense, d'un reportage réalisé en 2013 sur les conditions de vie des populations syriennes.

Loup Bureau est soupçonné par la justice turque d'être un "membre" des YPG, selon son acte d'accusation relayé par son avocat français. La justice turque avait rejeté à deux reprises une demande de libération conditionnelle du journaliste.