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Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a dit mardi "regrette(r)" le départ surprise du ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, mais aussi un manque de "courtoisie" envers Emmanuel Macron et Edouard Philippe, qui n'étaient pas prévenus selon M. Hulot.

"Je regrette ce départ", a déclaré le porte-parole du gouvernement, qui n'était "pas prévenu" de la décision du ministre. "Je veux rendre hommage au travail qui a été accompli depuis plus d'une année par Nicolas Hulot", bien que "la plus élémentaire des courtoisies aurait été effectivement de prévenir le président de la République et le Premier ministre", a estimé le porte-parole sur BFMTV et RMC.

"Est-ce qu'on fait la révolution environnementale en une année ? La réponse est non. Je préfère les petits pas au surplace", a réagi Benjamin Griveaux.

"Je préfère les petits matins sympathiques aux grands soirs illusoires", a-t-il poursuivi.


Wauquiez (LR) "peut comprendre" que Nicolas Hulot "se sente trahi" par Macron

Le président des Républicains (LR) Laurent Wauquiez "peut comprendre" que Nicolas Hulot "se sente trahi" par Emmanuel Macron.

"Nicolas Hulot, je ne partage pas nécessairement ses opinions, mais je peux comprendre qu'il se sente trahi comme aujourd'hui pas mal de Français par des promesses fortes qui avaient été faites, et le sentiment à l'arrivée que ce n'est pas très tenu", a réagi M. Wauquiez sur RTL.

"Ce que je constate surtout, c'est qu'au fond, cette démission est le reflet des conséquences des ambiguïtés des politiques de Macron. Il cherche à tout concilier, sans jamais trancher. Comme à l'arrivée tout semble être 'en même temps', le résultat c'est qu'il perd des personnalités comme ça", a poursuivi le patron de LR.


Mélenchon: "La macronie commence sa décomposition"

"La démission de Nicolas #Hulot fonctionne comme un vote de censure contre Macron. Il confirme le diagnostic de mon discours de samedi. La macronie commence sa décomposition", a estimé sur Twitter Jean-Luc Mélenchon.



Alain Juppé "impressionné par la hauteur de vue et la noblesse de la démarche" de Nicolas Hulot

"J’écoute Nicolas Hulot qui annonce son départ du gouvernement. Je suis impressionné par sa hauteur de vue et la noblesse de sa démarche. J’espère qu’au delà du buzz politique inévitable, cette décision nous incitera tous à réfléchir et à changer", a pour sa part twitté l'ancien Premier ministre et maire de Bordeaux Alain Juppé.



Sarkozy: "Hulot ou pas", l'immigration "c'est plus important"

L'ancien président Nicolas Sarkozy a estimé mardi que les questions de l'immigration ou des impôts étaient "plus importantes" que la démission du ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot.

"Qu'il y ait monsieur Hulot ou pas, la question de l'immigration est centrale. Qu'il y ait monsieur Hulot ou pas, la question du montant des impôts qu'on paie est centrale. La question 'est-ce que les Anglais sont des Européens ou pas' c'est central", a déclaré sur France Culture l'ancien dirigeant du parti Les Républicains (ex-UMP).

"C'est son choix. Pour moi quand je parle de la crise qu'on a connue et qui peut revenir, c'est tellement plus important. Quand on parle de l'immigration c'est tellement plus important", a ajouté l'ancien chef de l'Etat (2007-2012), qui s'exprimait sur la crise financière de 2008.

"La vie politique dans ses soubresauts quotidiens n'est pas mon domaine", selon Nicolas Sarkozy.

"Dans tous les gouvernements, il y a des gens qui démissionnent, il y a des gens qui abandonnent, il y a des gens qui sont en désaccord, j'ai connu ça moi-même", a confié l'ancien président, qui avait choisi comme Premier ministre François Fillon.

Le ministre de l'Écologie, du développement et de l'aménagement durables Jean-Louis Borloo, un temps pressenti pour devenir chef du gouvernement, avait quitté le gouvernement Fillon en novembre 2010.


Les écologistes saluent son "courage" mais tirent la sonnette d'alarme

Plusieurs figures de l'écologie politique et anciens ministres ont salué mardi le "courage" de Nicolas Hulot qui a annoncé sa démission d'un gouvernement "livré aux lobbies", mais ont déploré "une mauvaise nouvelle" pour l'environnement.

"Il a eu du courage d'entrer dans ce gouvernement. Nicolas Hulot a essayé, c'est la fin d'une illusion", a déclaré l'eurodéputé EELV Yannick Jadot, mais "c'est une mauvaise nouvelle pour l'écologie" en raison d'Emmanuel Macron qui, selon lui, "a manipulé Nicolas Hulot comme il l'a fait avec Jean-Louis Borloo" et "reste le meilleur ami des lobbies".

"Chapeau à Nicolas Hulot d'avoir pris ses responsabilités en démissionnant d'un gouvernement libéral et anti-écologiste. Il ne pouvait plus servir de caution et avaler des couleuvres", a également salué sa camarade au Parlement européen Michèle Rivasi. "Puisse sa démission servir de déclic", a-t-elle appelé.

D'autres tirent également la sonnette d'alarme: "Nicolas Hulot annonce son départ du gouvernement par l'omniprésence des lobbies. L'écologie et les biens communs sont encerclés par les intérêts privés", a déploré le Secrétaire national EELV David Cormand.

"La démission de Nicolas Hulot est une très mauvaise nouvelle. Ceux qui s'en réjouissent se fourvoient", prévient l'ancienne ministre écologiste du Logement Emmanuelle Cosse. "Nous avons de quoi nous inquiéter sur les dossiers en cours : nucléaire et programmation de l'Energie, plan biodiversité, interdiction des pesticides", a-t-elle alerté.

"Les mesures qu'il a eu à prendre étaient des mesures dans le meilleur des cas faibles, et dans le plus mauvais contre-productives", a jugé l'ancienne ministre de l'Environnement Corinne Lepage sur BFMTV. "Je le dis avec d'autant plus de tristesse que j'étais un soutien d'Emmanuel Macron pendant la campagne, parce que j'étais convaincu que son intelligence lui permettait de percevoir l'urgence des enjeux, et je constate que je me suis trompée", a-t-elle déploré.

Quant au député LREM Mathieu Orphelin, issu des écologistes et proche de Nicolas Hulot, il a commenté un "électrochoc" et une "décision qui lui (Nicolas Hulot) ressemble beaucoup, pleine de sincérité, pleine de cohérence".

Il a en revanche écarté l'idée d'une "goutte d'eau" qui a poussé le ministre à la démission. "Sur la loi Agriculture et Alimentation (...) on a eu des avancées mais on aurait pu aller plus loin. Sur la programmation pluriannuelle de l'Energie, je crois qu'il a pu mesurer le poids des conservatismes, des lobbies sur la transition énergétique", a-t-il estimé.


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