Monde Les mesures de sécurité autour des sites stratégiques, particulièrement les ambassades britanniques et américaines, ont été renforcées

ISTANBUL C'était le cas dans de nombreux pays européens ce vendredi, après les attentats meurtriers dans la capitale turque, où les voyages sont déconseillés aux Occidentaux.

La Turquie a pris des mesures de protection supplémentaires après avoir subi deux séries d’attentats, contre des synagogues samedi (25 morts) et contre des intérêts britanniques jeudi (27 morts), et alors que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont mis en garde contre de nouvelles attaques dans le pays.

«La sécurité a été considérablement renforcée (...) autour de toutes les représentations diplomatiques, consulaires et commerciales étrangères dans le pays », a expliqué un porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères.

Les rues attenantes aux consulats de France, d’Allemagne et d’Italie ont ainsi été coupées à la circulation jeudi, tandis que le consulat des Etats-Unis fermait ses portes par «précaution ». A Ankara, deux universités qui emploient de nombreux professeurs étrangers, ont annoncé avoir avancé les vacances marquant la fin du ramadan, fermant leurs portes dès jeudi au lieu de vendredi soir par sécurité.

Selon les médias turcs, des centres commerciaux et des écoles sont restés fermés vendredi à Istanbul. Malgré ces mesures, les services consulaires américains ont demandé à leurs ressortissants présents dans le pays d’eviter de se trouver dans des commerces contrôlés par des intérêts occidentaux, les lieux de culte, les magasins, les restaurants et les bars.

En outre, de nombreux pays occidentaux, dont les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, le Canada et l’Australie, ont déconseillé à leurs ressortissants de se rendre en Turquie. En Europe, où les dispositifs sécuritaires étaient déjà importants, plusieurs pays les ont encore accrus.

A Londres, où 14.000 membres des forces de l’ordre étaient déjà déployés pour la visite d’Etat du président américain George W. Bush de mercredi à vendredi, «des mesures de sécurité supplémentaires ont été prises à des endroits potentiellement vulnérables », a indiqué la police, sans livrer plus d’information.

L’Italie avait réagi dès les attentats contre ses militaires à Nassiriyah, dans le sud de l’Irak, la semaine dernière. Rome a progressivement renforcé la surveillance des aéroports, gares, ports, centrales électriques, réseau d’approvisionnement en eau, ambassades, sièges d’organisations internationales et lieux de culte, notamment les synagogues. Actuellement, 12.761 policiers et 4.000 militaires sont chargés de cette mission.

La Grèce avait également pris des mesures similaires à la suite des attentats de samedi. La Bulgarie, partenaire des Etats-Unis en Irak, les a suivis vendredi, en annonçant «une protection renforcée » de plusieurs «sites stratégiques et sites à risque comme les synagogues ». Beaucoup de capitales européennes, dont Paris, Bruxelles et Stockholm, ont surtout fait état d’une vigilance accrue autour des ambassades occidentales, ainsi que des institutions juives et israéliennes. L’Allemagne, où la communauté turque est importante, y a ajouté l’ambassade de Turquie.

Prague et Berne se sont contentés d’annoncer une vigilance plus particulière autour des ambassades de Grande-Bretagne. Le département américain de la Sécurité intérieure a indiqué qu’aucun changement n’était intervenu dans les mesures de sécurité aux Etats-Unis. «Le niveau d’alerte reste inchangé », a assuré un porte-parole.

En Asie, les mesures de sécurité ont été renforcées à Hong Kong, autour du siège de la banque britannique HSBC visée jeudi par un des attentats d’Istanbul, et au Pakistan, allié stratégique des Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme.

Ailleurs en Asie, les services de sécurité sont en alerte depuis les attentats de Bali, en octobre 2002, et ont parfois procédé à de faibles aménagements sécuritaires