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Le chef de guerre des Serbes de Bosnie court toujours

BELGRADE L'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, court toujours! Annoncée mardi par des radios indépendantes, puis démentie officiellement par les autorités de Belgrade, l'arrestation du général Mladic semblait une fois de plus remise aux calendes grecques: les informations sur des négociations menées par Belgrade pour obtenir sa reddition ont elles aussi été infirmées par le gouvernement serbe.

«Les fausses rumeurs propagées hier à Belgrade sur l'arrestation de Mladic sont dénuées de tout fondement», a même martelé Carla del Ponte lors d'une conférence de presse à La Haye. «Ratko Mladic se trouve en Serbie, il n'y a aucun doute là-dessus. Il s'y trouve depuis 1998. Pendant tout ce temps, il a été, et il reste, à la portée des autorités serbes. Il peut et doit être arrêté immédiatement», a encore ajouté la procureur en chef du Tribunal pénal international pour les crimes de guerre commis dans l'ex-Yougoslavie.

Massacre de Srebrenica

Ces rumeurs ne sont pas intervenues par hasard. L'Union européenne doit en effet décider la semaine prochaine de continuer ses discussions avec Belgrade ou, au contraire, de les geler en raison de la non-arrestation du général Mladic. Le bras droit de Radovan Karadzic est en effet considéré comme l'un des responsables du massacre de milliers de Musulmans à Srebrenica et du siège meurtrier de Sarajevo pendant la guerre de Bosnie (1992-1995).

Le massacre de Srebrenica a fait 8.000 morts et le siège de Sarajevo plus de 12.000.

Inculpé de génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) en 1995, le général Mladic, 62 ans, fait l'objet d'un mandat d'arrêt international depuis 1996.

Le commissaire à l'Élargissement, Olli Rehn, doit présenter la semaine prochaine aux ministres des Affaires étrangères de l'UE un rapport évaluant le degré de coopération de la Serbie avec le TPIY. Il a averti que les discussions seraient suspendues si le général Mladic n'était pas livré au tribunal.

Si l'on en croit les sondages d'opinion, les Serbes sont de plus en plus nombreux à voir sa reddition comme un sacrifice nécessaire, mais Belgrade craint les réactions d'ultranationalistes en cas de remise au TPIY d'un homme que ceux-ci considèrent comme un héros de leur cause.

© La Dernière Heure 2006