Nicolas Sarkozy aux syndicats: "posez le drapeau rouge et servez la France!"

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Monde

"Laissez tomber les partis. Parce que ceux que vous soutenez aujourd'hui ne vous le rendrons pas"

PARIS A cinq jours du second tour, Nicolas Sarkozy a promis un "nouveau modèle social" à ses partisans réunis à Paris pour le 1er mai, concurrençant les défilés syndicaux de la fête du travail.



Nicolas Sarkozy, largement distancé dans tous les sondages qui donnent le François Hollande vainqueur avec 53 à 54% des suffrages dimanche, ne peut espérer gagner qu'avec le soutien massif des électeurs d'extrême droite.
Il a radicalisé son discours depuis huit jours, développant les thèmes de la sécurité, de l'immigration, des frontières et des racines chrétiennes de la France.


"Nous avons trop d'étrangers sur notre territoire", a encore estimé mardi le président-candidat, pour qui la France a "accueilli trop de monde", et qui annonce qu'il divisera par deux le nombre d'immigrés entrant légalement chaque année en France s'il est réélu.


Pour montrer qu'il se soucie aussi des enjeux sociaux, Nicolas Sarkozy a célébré dans l'après-midi la "valeur travail" au cours d'une "vraie fête du travail", devant des dizaines de milliers de partisans - 200.000 selon son camp - agitant des drapeaux bleu-blanc-rouge place du Trocadero à Paris.
"Je veux un nouveau modèle français qui ne cherchera pas à diminuer le coût du travail en abaissant les salaires. Les salaires sont trop bas", a-t-il estimé, promettant un "Etat entrepreneur".


"Je veux un nouveau modèle français où la réussite ne sera plus regardée avec suspicion mais comme un exemple (...). Nous ne voulons pas de la jalousie, de l'amertume, de la lutte des classes. Nous ne voulons pas du socialisme", a poursuivi Nicolas Sarkozy, qui a poursuivi ses récentes attaques contre les syndicats.


"Posez le drapeau rouge et servez la France (...). Votre rôle n'est pas de faire de la politique, votre rôle est de défendre les salariés", a-t-il lancé à l'adresse des syndicats, qui défilaient au même moment à quatre kilomètres de là, sur des mots d'ordre qu'ils disent strictement sociaux: emploi, pouvoir d'achat, lutte contre "le racisme et la xénophobie".


Le souci d'éviter les slogans politiques n'a pas empêché les prises de position personnelles: le patron de la CGT (premier syndicat français), Bernard Thibault, a ainsi clairement annoncé mardi qu'il voterait pour François Hollande.


"Je ne peux pas accepter qu'il y ait ici, en France, une bataille le 1er mai contre le syndicalisme", a déclaré le candidat socialiste, lors d'une cérémonie à Nevers (centre), avant d'accuser Nicolas Sarkozy de "céder à nouveau à cette tentation d'opposer les uns et les autres".


"Je n'accepterai pas que le candidat sortant s'arroge la valeur travail (...). Nous sommes tous conscients que la valeur travail doit être défendue, promue, considérée", a souligné François Hollande qui s'est posé en "successeur de François Mitterrand", président socialiste de 1981 à 1995.


Une nouvelle fois, il a accusé le président sortant d'"agiter le spectre de l'invasion" et de vouloir faire de l'étranger la question principale, "alors que la question principale c'est le chômage, le pouvoir d'achat, la lutte contre les inégalités".


Les deux hommes vont s'affronter mercredi soir lors d'un duel télévisé crucial, le seul de la campagne, dans lequel le président sortant place tous ses espoirs de combler son retard.

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