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Les Etats-Unis ont échoué vendredi à faire adopter par le Conseil de sécurité de l'ONU un texte condamnant les propos "inacceptables" du président palestinien Mahmoud Abbas sur les juifs, qui contiennent "d'ignobles injures antisémites". 

Le Koweït, membre non permanent du Conseil de sécurité qui représente les pays arabes, s'est en effet opposé au texte en le jugeant biaisé et en arguant que M. Abbas avait déjà présenté des excuses.

D'autre part, Israël a décidé vendredi de se retirer de la course pour un siège au Conseil de sécurité en 2019 et 2020, suite à une campagne des Etats arabes pour le bloquer.

Le texte rédigé par les Américains appelait le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas à "s'abstenir de commentaires antisémites" et voulait traduire la "préoccupation sérieuse" du Conseil de sécurité face à des remarques qui "comportaient d'ignobles injures antisémites et des théories conspirationnistes infondées, qui ne servent pas les intérêts du peuple palestinien et de la paix au Moyen-Orient".

M. Abbas s'est attiré un rare consensus de condamnations de la part des Israéliens, des Américains, des Européens et de l'ONU en suggérant lundi que les massacres perpétrés contre les juifs d'Europe durant l'Histoire étaient moins dus à l'antisémitisme qu'à leur rôle dans la société, notamment dans le secteur bancaire.

L'envoyé spécial de l'ONU pour le Moyen-Orient Nickolay Mladenov avait reproché au président palestinien de répéter "certaines des insultes antisémites les plus méprisantes".

Mahmoud Abbas a présenté ses excuses et assuré vouloir "renouveler notre condamnation de longue date de l'Holocauste, le crime le plus odieux de l'histoire, et exprimer notre compassion envers ses victimes".

Le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman a dit sur Twitter refuser ces excuses.

Les Etats-Unis ont bloqué, à deux reprises, des esquisses de textes du Conseil de sécurité exprimant l'inquiétude de l'organe onusien sur les violences dans la bande de Gaza, où près de 50 Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes depuis le début d'un vaste mouvement de protestation fin mars.