Pacte européen: les Irlandais aux urnes

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Monde

L'Irlande est le seul pays européen à ce stade à organiser un référendum sur le traité européen

DUBLIN Le référendum sur le pacte budgétaire européen s'est ouvert jeudi matin en Irlande, le "oui" étant donné favori de ce scrutin qui se déroule sous l'oeil attentif de Bruxelles et des autres pays européens.
Les derniers sondages donnaient tous le "oui" largement en tête, mais environ un tiers des électeurs se disaient encore indécis avant le scrutin.

Un "non" irlandais ne mettrait de toute façon pas en cause la mise en oeuvre du traité, qui doit entrer en vigueur dès que 12 pays de la zone euro l'auront ratifié, mais il priverait l'Irlande d'accès au Mécanisme européen de stabilité (MES) et enverrait un signal négatif au moment où la zone euro s'enfonce dans la crise.

L'Irlande est le seul pays européen à ce stade à organiser un référendum sur le traité européen. Les bureaux de vote doivent fermer à 21H00 GMT et le résultat est attendu vendredi.

Le pacte, approuvé par les dirigeants de tous les pays de l'UE, sauf le Royaume-Uni et la République tchèque, prévoit de respecter des "règles d'or" sur l'équilibre des comptes, sous peine de sanctions.

Le gouvernement irlandais a mis ces dernières semaines tout son poids dans la balance pour convaincre les 3,1 millions d'électeurs de voter en faveur du traité afin d'assurer l'accès du pays aux fonds du futur mécanisme de stabilité européen, qui doit entrer en vigueur en juillet.

Mais les électeurs pourraient être tentés de manifester leur rejet de l'austérité qui accompagne la mise en oeuvre du plan de sauvetage de 85 milliards d'euros de l'Union européenne et du Fonds monétaire international adopté fin 2010 pour éviter la faillite de son secteur bancaire.

Le Sinn Fein, parti nationaliste de gauche, a fait campagne pour le non, affirmant que le texte "inscrira l'austérité dans la Constitution" de l'Irlande.
"On sait que l'austérité ne marche pas, et c'est ce que disent de plus en plus de gens en Europe", a souligné à la veille du scrutin son dirigeant Gerry Adams, s'exprimant devant des journalistes devant le parlement.

Pour Michael Marsh, professeur en sciences politiques à Trinity College Dublin, "les gens ont confiance en ce que dit le gouvernement, et ce serait juste stupide de ne pas voter oui".

La veille du scrutin, le Premier ministre Enda Kenny a encore rappelé qu'il s'agissait de "stabilité, de ramener la confiance dans l'euro" et qu'un vote en faveur du "oui" montrerait que "l'Irlande montre l'exemple".

"Quand nous prendrons la présidence de l'Union européenne l'an prochain, nous voulons être très efficaces", a-t-il déclaré à l'AFP. "Un vote en faveur du +oui+ nous donnerait plus de crédibilité et susciterait le respect chez nos collègues européens".

Un référendum est toujours un exercice risqué en Irlande où les électeurs avaient rejeté les traités de Nice puis de Lisbonne en 2001 et 2008, menaçant de bloquer l'ensemble du processus de construction européenne. Dans les deux cas, un nouveau référendum avait été organisé et s'était finalement soldé par un "oui".

© La Dernière Heure 2012

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