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Strasbourg, tout un symbole...

STRASBOURG Un nouveau rapport du groupe "One seat" ("Un siège") révèle qu'une écrasante majorité d'eurodéputés (429 pour et 189 contre) veut un seul et unique siège pour le Parlement européen.

En période de crise, les considérations financières reprennent le dessus avec force. Selon une étude récente de l'Association européenne des jeunes entrepreneurs, citée par "Les Echos", les frais de déplacement des 754 députés et de leurs 2.500 assistants s'élèvent à 51 millions d'euros par an... pour quatre jours par mois.

Pas étonnant donc qu'un nombre croissant d'eurodéputés se prononce en faveur de ce siège unique. La question, c'est de se mettre d'accord sur qui de Bruxelles ou Strasbourg aura cet honneur. Si beaucoup se prononcent en faveur de Bruxelles, par esprit pratique (proximité des autres institutions européennes, etc.), ce n'est pas l'avis de tous.


"Vous voyez comme c'est difficile!"


Le président du Parlement européen par exemple, l'Allemand Martin Schulz, penche clairement pour Strasbourg, comme il l'a dit dans un entretien accordé à une radio suédoise: "La France est le deuxième plus grand état-membre de l'UE et n'a que cette institution. On ne peut pas espérer que le deuxième contributeur financier s'en passe. Les Français demanderaient alors que la Banque centrale européenne passe de Francfort à Strasbourg. Vous voyez comme c'est difficile."

En attendant, le journal "Les Echos" annonçait fin février que les aides d'état pour Strasbourg allaient diminuer de 120 à 80 millions d'euros, laissant la ville européenne assumer la plus grande charge financière. Pour l'eurodéputé français Arnaud Danjean, la question du maintien du siège à Strasbourg n'est cependant pas uniquement une question d'argent: "Strasbourg est historiquement le siège du Parlement européen, c'est un symbole extrêmement important pour la réunification franco-allemande et la réunification du continent européen. Et puis, c'est la vraie maison du Parlement européen."

"Quand nous sommes à Bruxelles, le Parlement est ouvert à tous les vents, on y croise plus de personnes de la Commission que de députés. A Strasbourg, les parlementaires sont chez eux et je trouve que c'est une dimension très importante politiquement quand on parle de séparation des pouvoirs entre Commission, Conseil et Parlement", a déclaré Danjean à lalibre.be.

Quelles que soient les positions des différents députés ou groupes de pression, la décision finale appartient aux 27 états-membres qui jusqu'ici n'ont jamais réussi à trouver un accord qui fasse l'unanimité sur ce sujet délicat.

© La Dernière Heure 2012