Monde Pharrell Williams, Ariana Grande, Justin Timberlake ou Coldplay défient à leur tour le président des États-Unis.

Loin de s’assimiler à un long fleuve tranquille, les premiers mois de la présidence de Donald Trump feraient presque passer les chutes du Niagara pour un simple clapotis. Tant l’homme à la coiffure et aux tweets improbables semble se complaire dans les conflits ouverts. Même la passe d’arme avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et la menace d’envoi de missiles nucléaires ne semble pas lui suffire.

Au lieu de se concentrer sur sa fonction, l’homme le plus puissant du monde a réussi à se mettre tout le monde du sport à dos en traitant de "fils de pute" les sportifs qui s’agenouillaient durant l’hymne national pour protester contre les injustices raciales aux États-Unis. Puis en refusant d’inviter à la Maison-Blanche les champions NBA… qui ne voulaient pas s’y rendre.

Si la superstar du basket, LeBron James, a traité le président de "clochard", de nombreux artistes ont choisi une voie différente pour marquer leur opposition aux prises de positions présidentielles après le drame de Charlottesville.

Le cinéaste Brett Ratner a organisé ce dimanche à Charlottesville un concert pour l’unité réunissant quelques stars comme Coldplay, Justin Timberlake, Ariana Grande, The Roots, Pharrell Williams, Stevie Wonder, Cage the Elephant, Alabama Shakes, Dave Matthews ou Chris Stapleton. Objectif : réunir quelques millions de dollars au profit de la Charlottesville Area Community Foundation, qui lutte contre "le racisme, la haine, l’intimidation et le terrorisme des suprémacistes blancs". Mais aussi afficher clairement l’opposition du show-biz à la politique présidentielle.

Dave Matthews a lancé le mouvement en chantant avec Susan Bro, la maman de la jeune femme tuée à Charlottesville le 12 août dernier. "Je suis ici pour chanter à sa place avec vous tous, a-t-elle lancé. En unissant nos voix contre la haine, vous ferez en sorte qu’Heather ne soit pas morte pour rien."

Pharrell Williams s’est, lui, mis à genoux avant d’entamer son hymne, Happy : "Si je veux me mettre à genou maintenant, pour les habitants de ma ville, pour les habitants de mon État, c’est à ça que sert ce drapeau."

"Il y a une raison pour laquelle tout ça se produit maintenant, a conclu Brett Ratner. L’amour et le positivisme deviennent viraux. Les gens veulent faire changer les choses."

Il serait étonnant que Donald Trump ne réagisse pas rapidement à tout ça.


Stevie Wonder s’agenouille aussi

La star de 67 ans prend aussi position contre le président des États-Unis avec un geste fort.

© AP
L’image est forte. Elle a fait le tour du monde. En plein concert, samedi soir, à New York, Stevie Wonder, 67 ans, s’est appuyé sur le bras de son fils Kwame pour plier les jambes. "Ce soir, je m’agenouille pour l’Amérique; pas seulement sur un genou, mais sur mes deux genoux pour prier pour notre planète, notre futur et les leaders de notre monde." Tout en appelant le public à "mettre à bas l’intolérance" et à "condamner le sexisme", il a lancé une mise en garde : "Nous pourrions perdre le dernier jeu vidéo, celui de la vie, en oubliant que les armes sont réelles et les discours dangereux, qu’ils viennent d’une superpuissance en Amérique du Nord ou d’une superpuissance en Corée du Nord".

Avant de conclure par un trait d’esprit toujours dirigé contre Trump : "Tous ceux qui croient que le réchauffement climatique n’existe pas doivent être aveugles ou manquer d’intelligence. Dieu, s’il vous plaît, sauvez-nous tous."



"Rien n’est plus américain…"

De nombreuses autres stars du show-biz ont réagi aux propos de Donald Trump sur les footballeurs américains de la NFL qui s’agenouillent au moment de l’hymne national.

Ellen DeGeneres : "En tant que fan de football, je suis fière des joueurs de la NFL aujourd’hui. Rien n’est plus américain que le droit de protester pacifiquement."

Sean Diddy Combs : "Je veux juste envoyer ma bénédiction et mon soutien à tous les joueurs de la NFL. Vous avez une opportunité de faire quelque chose de vraiment grand demain. Quoi que ce soit, si vous le faites dans l’unité, rien ne pourra vous arrêter."

Ava DuVerney : "Il déclare la guerre à la NFL et la NBA. Les propriétaires des clubs sont ses donateurs. Il déclare la guerre aux Noirs qui ont des opinions."